08/04/2026
Ce qui me frappe ici, c’est le contraste entre le visage de la jeune fille et le geste du poulain. Elle, elle est ailleurs, introspective, comme si elle était plongée dans une pensée ou un moment de fatigue. Et derrière, il y a cette intrusion vivante, maladroite, presque espiègle.
Le poulain, lui, ne réfléchit pas. Il vient, il pousse, il explore. Il casse complètement la mise en scène implicite d’une séance photo. Et c’est précisément ça qui rend l’image forte et spontanée.
Pour le coup, je ne maîtrise plus l’image et celle-ci devient plus sincère. Il y a quelque chose de très doux dans ce geste, mais aussi presque perturbant.
Si je suis brutalement honnête : ce n’est pas une belle photo au sens classique. Le cadrage est imparfait, la compo n’est pas propre. Mais tout ça devient vite secondaire. Ce qui reste, c’est l’instant. Et cet instant est plus intéressant que n’importe quelle photo techniquement parfaite.
En fait, ce que j'aime là-dedans, ce n’est pas l’image. C’est le souvenir d’un moment où je n’étais plus en train de prendre une photo mais juste en train de vivre quelque chose d’imprévu et léger.
Et c’est ça le vrai sujet de cette image.