10/09/2023
23H11 : à Marrakech, le temps est suspendu…
Vers 23h11, ce vendredi, tandis que nous nous trouvons dans un Riad de la Médina à Marrakech,nous commençons à ressentir des secousses. Des secousses qui s'intensifient au fil des secondes, ces secondes qui nous paraissent des heures… Des bruits sourds, des claquements, de la poussière qui nous tombe sur la tête. Nous sortons de la chambre sans réaliser l’ampleur de la situation. Au même moment, des cris, des appels au secours. La personne tenant notre Riad nous crie de sortir immédiatement du bâtiment. Nous « réalisons » enfin et prenons le strict nécessaire malgré le danger toujours présent.
23H19 - Nous nous retrouvons dans la rue, avec d’autres touristes. Quelques secondes d’incompréhension avant un vent de panique générale. Certains veulent rejoindre l’aéroport alors que d’autres semblent figés, le regard vide. Nous suivons sans trop savoir quoi faire le cuisinier « Ilias » de notre hôtel et nous nous dirigeons vers la place Jeema El Fna afin de trouver un semblant de sécurité loin des rues enclavées et des bâtiments Instables. Le trajet nous semble interminable et la ville se transforme en « scène de guerre »...
23H35 - À notre arrivée sur la place principale, quelques minutes après le séisme, nous trouvons la mosquée partiellement détruite, un pickup sous les décombres et des milliers de personnes apeurées.
Les gens se bousculent, cherchant à vouloir fuir le centre ville à tout prix alors que d’autres fouillent les décombres de la mosquée à mains nues ou tentent de porter à bout de bras sur une simple planche un homme blessé pour le conduire à l’hôpital à 20 minutes de là. Les autres restent au sol avec la crainte d’une réplique dans les secondes, minutes ou heures qui arrivent.
Nous cherchons des informations sur ce qu’il vient de se produire mais personne est en capacité de répondre… Pour l’heure, nous savons qu’aucun marocain a déjà vu un tremblement de terre de cette intensité.
Nous réussissons finalement à joindre l’ambassade belge par téléphone, qui de mon point de vue n’avait pas encore connaissance de l’ampleur de la situation. En bref, ils nous souhaitent « du courage », « quelques petits dégâts matériels, ne pas s’inquiéter … »
0H29 - Arrivée du premier véhicule de police sur la place. Nous restons finalement au sol, sur des cartons d’oranges vides avec un groupe de français et des couvertures ramenées courageusement par les 2 jeunes travaillant dans notre Riad ( Anas et Ilyas) restés avec nous malgré que leur famille ait aussi été touchée. Fort heureusement tout le monde va bien chez eux aussi alors que leur quartier est détruit. Le pays s’attend selon certains à une réplique vers 4h du matin…
5H30 - Ce matin, au lendemain de la catastrophe nous découvrons une ville meurtrie, qui essaie lentement de se relever... Le souvenir qui me revient particulièrement est l’entraide remarquable des marocains envers leur famille, mais surtout envers nous, de simples inconnus… Je pense que cette nuit est la preuve incontestable qu’il reste bien plus que de l’humanisme …
Nous avons eu la chance d’être physiquement épargnés et cela en grande partie grâce aux 2 jeunes hommes de notre Riad qui ont fait preuve d’un courage et d’un professionnalisme hors norme malgré qu’ils étaient aussi angoissés que nous. Ils n’ont pas hésiter à veiller à notre sécurité, notre « confort » toute la nuit. MERCI, vous êtes exceptionnels ! Nous remercions également notre « guide, chauffeur » et bien plus encore… Abdelrahim. Ainsi qu’Isabelle et Aziz d’avoir veillé toute la nuit en direct de la Belgique sur nous.
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Courage à tous les marocains. Sincères condoléances aux familles. Une pensée particulière pour Al Haouz, Taroudan, aux personnes isolées dans les montagnes, qui sont les plus touchées… Même si les prochains jours, semaines, mois seront difficiles, vous allez vous relever 🙏. STAY SAFE 🇲🇦