Journal d'une Nomade

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PrĂ©server l’hĂ©ritage Touareg

En cette magnifique occasion je vous souhaite un Ramadan moubarak Et je vous laisse avec ce petit passage.La veille de R...
02/28/2025

En cette magnifique occasion je vous souhaite un Ramadan moubarak
Et je vous laisse avec ce petit passage.

La veille de Ramadan

L'un de mes premiers Ramadan seule au désert, plus précisément dans l'un des ksour de Timimoun.

C'Ă©tait le mois oĂč j'ai refait connaissance avec ma rĂ©gion, avec l'Islam. Les dunes, la soirĂ©e
 C'Ă©tait comme si le corps ou l'Ăąme, profondĂ©ment ancrĂ©s dans la terre, s'Ă©levaient pour rejoindre les Ă©toiles Ă  Ouled S3id. Le souffle soufi avait dĂ©barquĂ© en moi.

Et quand je faisais la priĂšre, ce n'Ă©tait pas parce que l'heure Ă©tait arrivĂ©e, mais parce que j'attendais impatiemment ce contact avec Dieu, pour tout Lui raconter
 mĂȘme s'Il savait dĂ©jĂ  tout.

Rihet  Ramadan du Sahara Art culinaire Destination In Salah, ville d’In Ghar.Avant Ramadan chez Khalti, ce mouvement à A...
02/22/2025

Rihet Ramadan du Sahara
Art culinaire

Destination In Salah, ville d’In Ghar.

Avant Ramadan chez Khalti, ce mouvement Ă  Akbour, cette effervescence de famille, et ce quotidien qui, malgrĂ© la routine, parvient toujours Ă  renouveler l’esprit avec Khalti.

AprĂšs le thĂ©, direction Jnah, le Jenan de la famille. Tout le monde se prĂ©pare pour Ramadan, et comme le veut la tradition, le plat principal au Sahara, c’est l-ahssa, cette soupe de zembou qui nourrit et rĂ©chauffe.

Au Jenan (le jardin familial), c’est le temps de la rĂ©colte, la culture des graines pour prĂ©parer le zembou. Le zembou (Ű§Ù„ŰČÙ…ŰšÙˆ) est une farine traditionnelle saharienne obtenue Ă  partir de cĂ©rĂ©ales comme le blĂ© ou l’orge, grillĂ©es puis moulues. Ce mĂ©lange ancestral, riche et naturel, devient l’ingrĂ©dient clĂ© de la lahssa, une soupe essentielle pendant le Ramadan, apprĂ©ciĂ©e pour son goĂ»t et son apport nutritif.

AprĂšs le ramassage, retour Ă  la maison pour l’étape suivante. Le cycle continue, rythmĂ© par les gestes et les traditions, un savoir qui se perpĂ©tue, imprĂ©gnĂ© de l’odeur du blĂ© grillĂ© et des voix qui rĂ©sonnent dans la cour. Puis, Ă  nouveau, retour Ă  la maison, oĂč la journĂ©e se poursuit dans ce ballet familier et rassurant.





Les Traces du HennĂ© et du TempsAvant que mes mains ne s’habituent Ă  la duretĂ© du cuir et Ă  la prĂ©cision des lames de gra...
02/13/2025

Les Traces du Henné et du Temps

Avant que mes mains ne s’habituent Ă  la duretĂ© du cuir et Ă  la prĂ©cision des lames de gravure sur l’argent, elles ont connu la souplesse de la terre. L’agriculture fut ma premiĂšre Ă©cole, celle oĂč j’ai appris que le travail de la main façonne l’ñme autant qu’il marque la peau.

Anna, une vieille femme dont la sagesse s’enracinait dans les traditions immuables du dĂ©sert, me parlait souvent du hennĂ©. Pas comme un simple ornement, mais comme une protection. "Viendra un jour oĂč tes doigts seront coupĂ©s," me disait-elle. "Si tu te lances vraiment dans l’artisanat, la lame te blessera, le cuir te marquera. Mais si tu mets du hennĂ©, ta peau deviendra plus dure, plus rĂ©sistante. Il cachera les cicatrices, il prĂ©parera tes mains Ă  supporter les coups du temps."

Elle observait mes doigts avec attention, comme si leur texture, leur souplesse, leur force trahissaient ma vĂ©ritable place parmi les artisanes imuhar. "Montre-moi tes mains," disait-elle parfois. Puis elle secouait la tĂȘte. "Pas encore
 Tu es encore nouvelle."

Le temps a passĂ©. Et comme elle l’avait prĂ©dit, il a laissĂ© ses empreintes sur mes mains. Aujourd’hui, mes doigts portent la mĂ©moire de chaque lame effleurĂ©e, de chaque cuir tendu, de chaque piĂšce sculptĂ©e avec patience. Et pourtant, lorsque je me coupe, lorsque la douleur s’invite, je continue sans m’arrĂȘter. Parce que mes mains ont appris. Parce qu’elles sont devenues celles d’une artisane.

Comme la terre façonne l’agriculteur, comme la rame sculpte l’athlĂšte, chaque mĂ©tier grave son empreinte sur ceux qui le pratiquent. Et moi, dans les sillons du hennĂ© et les cicatrices du temps, je lis mon histoire.

Lors de mes recherches sur cette statuette préhistorique, j'ai constaté que plusieurs archéologues interprÚtent cet arte...
01/03/2025

Lors de mes recherches sur cette statuette prĂ©historique, j'ai constatĂ© que plusieurs archĂ©ologues interprĂštent cet artefact de maniĂšre diffĂ©rente. Certains y voient un symbole sexuel, une reprĂ©sentation de la fĂ©minitĂ© Ă  des fins de stimulation ou de magie sexuelle. D’autres, au contraire, interprĂštent la statuette comme un talisman spirituel, un objet chamanique destinĂ© Ă  assurer la fertilitĂ© et Ă  protĂ©ger le porteur contre les forces invisibles. Ces interprĂ©tations, bien que valides dans leur contexte, ne m'ont pas totalement convaincu.

Cette statuette a Ă©tĂ© retrouvĂ©e dans la tombe de Abalissa, et certains archĂ©ologues avancent l’hypothĂšse qu’elle a Ă©tĂ© portĂ©e par la reine Tinhinen, ce qui lui confĂšre une dimension supplĂ©mentaire. Personnellement, je penche davantage vers l'hypothĂšse de l'universel. Je considĂšre cette statuette non seulement comme un symbole de fertilitĂ©, mais aussi comme un objet porteur de valeurs et de croyances partagĂ©es au-delĂ  des cultures spĂ©cifiques. Ce type d’objet, qu’il soit utilisĂ© comme talisman ou comme symbole de fĂ©minitĂ© et de fertilitĂ©, semble transcender les particularismes culturels, incarnant des principes universels de protection, de continuitĂ© et d’harmonie avec la nature.

L’idĂ©e de l’universel repose sur le fait que la recherche de fertilitĂ© et de protection est une constante humaine, traversant les Ăąges et les civilisations. PlutĂŽt que de la limiter Ă  un rĂŽle symbolique ou sexuel, je propose que cette statuette reprĂ©sente une convergence de croyances et de pratiques humaines fondamentales, partagĂ©es par diverses sociĂ©tĂ©s Ă  travers le temps et l’espace.

Dans un autre texte que je vais dĂ©velopper plus en profondeur, j'expliquerai cette interprĂ©tation, en m’appuyant sur l’étude comparative des artefacts similaires Ă  travers diffĂ©rentes cultures et Ă©poques. Mon objectif est de proposer une lecture qui dĂ©passe les catĂ©gories traditionnelles et qui s’inscrit dans une comprĂ©hension plus globale et spirituelle des objets prĂ©historiques.

"Le vaincu est toujours porté à imiter le vainqueur dans ses symboles, ses habits, ses croyances et dans toutes ses habi...
01/03/2025

"Le vaincu est toujours porté à imiter le vainqueur dans ses symboles, ses habits, ses croyances et dans toutes ses habitudes et coutumes."

IBN KHALDOUN " EL MOUKADIMA "

L'une des rĂšgles que certains doivent apprendre.

Entre mythes et réalité : les trésors de Tin HinanDans cette série, je vous invite à explorer la tombe de Tin Hinan, la ...
01/02/2025

Entre mythes et réalité : les trésors de Tin Hinan

Dans cette sĂ©rie, je vous invite Ă  explorer la tombe de Tin Hinan, la mĂšre spirituelle des Touaregs, situĂ©e Ă  Abalessa dans l’Ahaggar. Entre lĂ©gendes et fouilles archĂ©ologiques, chaque Ă©pisode dĂ©voilera un objet, une histoire ou une hypothĂšse. Nous plongerons dans les trĂ©sors dĂ©couverts lors des fouilles : talismans, bijoux, et mobiliers funĂ©raires, tout en questionnant leur signification.

Qui Ă©tait-elle vraiment ? Une reine historique ou une figure mythique ? Chaque dĂ©couverte nous rapproche de la rĂ©ponse. Entre science, histoire et mythologie, suivez-moi dans cette aventure pour dĂ©crypter les mystĂšres du passĂ©. Le dĂ©sert n’a pas encore livrĂ© tous ses secrets.

L'architecture, une discipline qui m’a toujours captivĂ©, m’a menĂ©e au cƓur du Sahara, Ă  la dĂ©couverte et Ă  la prĂ©servati...
12/27/2024

L'architecture, une discipline qui m’a toujours captivĂ©, m’a menĂ©e au cƓur du Sahara, Ă  la dĂ©couverte et Ă  la prĂ©servation de son patrimoine matĂ©riel. Bien avant de maĂźtriser l’art du montage des tentes traditionnelles touarĂšgues ou l’élaboration des cuirs et des objets artisanaux, j’ai Ă©tĂ© fascinĂ©e par les ksour. Ces Ă©difices, avec leurs arcs Ă©lĂ©gants, leurs petites portes, et ces trous dans les murs qui laissent filtrer la lumiĂšre comme des couloirs magiques, racontent l’ingĂ©niositĂ© de nos ancĂȘtres. Construits avec des matĂ©riaux locaux et façonnĂ©s par des mains expertes, ils sont des trĂ©sors que nous devons protĂ©ger.

C’est Ă  Timimoun, ville emblĂ©matique de l’architecture saharienne, que mon apprentissage a vĂ©ritablement commencĂ©. À Talmine, un ksar situĂ© Ă  90 kilomĂštres de lĂ , j’ai eu le privilĂšge de contribuer, Ă  ma maniĂšre, en posant des lokmat Ă  la main sur des murs chargĂ©s d’histoire, tĂ©moins du gĂ©nie des bĂątisseurs d’antan. Cette immersion dans un passĂ© vivant a Ă©tĂ© une expĂ©rience inoubliable, une Ă©tape clĂ© de mon voyage dans le Gourara, que je partagerai dans mon ouvrage, Journal d’une Nomade.

Moi l'Achinkad, un nom qui me ressemble pas mais qui m'a choisi.Lorsque j’ai entrepris mon voyage, ce n’était pas pour d...
12/27/2024

Moi l'Achinkad, un nom qui me ressemble pas mais qui m'a choisi.
Lorsque j’ai entrepris mon voyage, ce n’était pas pour devenir nomade. J’avais un objectif prĂ©cis : terminer mes Ă©tudes en agriculture. Mais la vie, imprĂ©visible, a choisi un autre chemin pour moi. Au dĂ©part, ce voyage n’était pas destinĂ© Ă  ĂȘtre partagĂ©, ni racontĂ©. C’était une quĂȘte intime, une recherche de moi-mĂȘme dans un monde parfois dĂ©concertant.

Au fil du temps, tout ce que je dĂ©couvrais semblait trop prĂ©cieux pour rester dans le silence. Il fallait que ces rĂ©cits, ces fragments d’expĂ©rience, soient transmis. Pourtant, s’exprimer avec justesse n’a jamais Ă©tĂ© simple. Écrire, pour moi, c’est comme naviguer dans un ocĂ©an de mots, en quĂȘte de ceux qui sauront capter l’essence d’un sentiment, d’une sensation, d’une dĂ©couverte ou d’une vision inĂ©dite.

Quand j’ai dĂ©cidĂ© de mettre ces mots sur papier, ce n’était pas pour ĂȘtre lue. C’était pour moi-mĂȘme, pour garder une trace des Ă©preuves traversĂ©es, des merveilles dĂ©couvertes. Je n’ai jamais cherchĂ© Ă  ĂȘtre reconnue. Quelque part, perdue dans le Sahara, ce n’est ni mon engagement ni mes activitĂ©s qui m’ont dĂ©finie. Je n’ai jamais voulu devenir une icĂŽne, une porte-parole ou une ambassadrice. Mon dĂ©sir a toujours Ă©tĂ© simple : ĂȘtre moi-mĂȘme, transmettre ce que j’ai appris, dĂ©fendre ce qui me semblait injuste.

La route a continuĂ©. Chaque jour, je me suis enfoncĂ©e un peu plus dans le Sahara, apprenant, Ă©changeant et, finalement, Ă©crivant. J’ai commencĂ© Ă  recueillir des rĂ©cits transmis oralement, puis Ă  les prĂ©server par l’écrit. Ce travail, cette quĂȘte, m’a menĂ©e Ă  chercher encore plus loin. Aujourd’hui, je partage ces histoires Ă  travers des informations, des rĂ©cits ou des ateliers, afin de conserver cet hĂ©ritage unique.

Je le fais comme les anciens le faisaient : pour protĂ©ger un patrimoine, pour transmettre une vĂ©ritĂ© qui dĂ©passe les mythes et les lĂ©gendes que l’on raconte ici et lĂ . Ce n’est pas pour la gloire ou pour devenir une figure reconnue, mais pour honorer ce qui mĂ©rite d’ĂȘtre connu, et pour que ces fragments d’humanitĂ© ne se perdent jamais.

La géologie est véritablement fascinante. Imaginez qu'à la fin de l'année 2024, je découvre la technique de l'allumage d...
12/26/2024

La géologie est véritablement fascinante. Imaginez qu'à la fin de l'année 2024, je découvre la technique de l'allumage du feu. J'ai constitué une nouvelle collection de silex, une roche sédimentaire siliceuse, acquise auprÚs d'une caravane de collectionneurs spécialisés en minéralogie.

Le silex, utilisĂ© depuis la prĂ©histoire, est prisĂ© pour sa capacitĂ© Ă  ĂȘtre taillĂ© et Ă  produire des Ă©clats tranchants. Je prĂ©vois de crĂ©er des bijoux inspirĂ©s de cette Ă©poque, en commençant par tailler le silex selon des mĂ©thodes traditionnelles, en frappant deux pierres l'une contre l'autre. Cette action gĂ©nĂšre de petites Ă©tincelles, suivies de la formation d'une lĂ©gĂšre fumĂ©e.

La sensation qui m'envahit est celle de me connecter avec les premiĂšres populations humaines, ressentant ainsi l'Ă©merveillement de nos ancĂȘtres face Ă  la maĂźtrise du feu, une avancĂ©e essentielle dans l'Ă©volution de l'humanitĂ©.

Leçon a retenir.L’art de se connaĂźtre soi-mĂȘmeLe Assouf, ce sentiment profond de solitude et de connexion intime avec le...
12/26/2024

Leçon a retenir.

L’art de se connaĂźtre soi-mĂȘme

Le Assouf, ce sentiment profond de solitude et de connexion intime avec le dĂ©sert, n’est pas seulement un Ă©tat d’ĂȘtre. Il est une Ă©cole de la vie, un miroir tendu Ă  l’ñme. Contrairement Ă  ce que beaucoup pensent, la solitude n’est pas un vide Ă  fuir, mais un espace Ă  habiter. C’est dans ce silence, face Ă  l’immensitĂ© du dĂ©sert ou Ă  celle de notre propre existence, que nous apprenons Ă  voir ce qui nous Ă©chappe : nous-mĂȘmes.

Le Assouf ne nous invite pas Ă  nous perdre, mais Ă  nous retrouver. Il nous enseigne que l’authenticitĂ© ne rĂ©side pas dans l’imitation, mais dans la quĂȘte intĂ©rieure. Copier autrui, devenir un simple reflet d’une vie Ă©trangĂšre, c’est nier notre unicitĂ©. Chacun porte en lui un paysage intĂ©rieur aussi vaste et complexe que le Sahara, avec ses ombres et ses lumiĂšres.

Accepter notre "fond nĂ©gatif" – ces parts de nous que nous jugeons sombres ou imparfaites – est une Ă©tape essentielle. Le Assouf nous apprend que la paix ne vient pas de la nĂ©gation de ces zones d’ombre, mais de leur transformation. En les regardant avec courage, nous comprenons qu’elles ne sont pas des ennemies, mais des guides. Elles nous aident Ă  construire un Ă©quilibre entre ce que nous sommes et ce que nous aspirons Ă  devenir.

Dans un monde qui valorise l’uniformitĂ© et la vitesse, le Assouf rappelle l’importance du ralentissement et de l’écoute. Ce n’est qu’en prenant le temps de se connaĂźtre, de se confronter Ă  sa vĂ©ritĂ©, qu’on peut rĂ©ellement marcher sur sa propre route, et non sur celle d’un autre. L’expĂ©rience du dĂ©sert, dans sa vastitude, nous pousse Ă  faire face Ă  l’essentiel : qui suis-je, loin des regards et des attentes ?

Ainsi, le Assouf nous apprend Ă  ĂȘtre pleinement humains. À ne pas craindre la solitude, mais Ă  l’accueillir comme une alliĂ©e. À refuser d’ĂȘtre des clones, et Ă  honorer notre chemin unique. Car ce n’est qu’en devenant vĂ©ritablement soi-mĂȘme que l’on peut, un jour, inspirer les autres Ă  faire de mĂȘme.

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