Corsica Meia par Yannick B.

Corsica Meia par Yannick B. Se balader en Corse, à pied, c'est à mon sens une des conditions pour approcher quelques-uns des secrets de l'île Ma Corse..... (Voce Ventu)
(1)

Ma Corse je te donne mon esprit rempli de voyages prêts à enflammer chaque pas accompli d'une ferveur ardente.

Pardona miÔ Corsica meia, terre de mon souffle et de mes silences,toi qui m’as appris le langage du vent et la patience ...
26/03/2026

Pardona mi

Ô Corsica meia, terre de mon souffle et de mes silences,
toi qui m’as appris le langage du vent et la patience des pierres,
écoute aujourd’hui la prière tremblante d’un fils imparfait.

Pardonne-moi de ne pas être le rempart que tu mérites.
Pardonne-moi de ne pas savoir lever les armes de l’âme
contre ceux qui, nés de ton ventre, oublient ton cœur.

Car ce ne sont plus les vents étrangers qui te blessent,
mais les mains de tes propres enfants,
égarés dans les mirages de l’avoir,
où l’homme ne voit plus que lui-même
et oublie qu’il fut un jour racine.

Pardonne-moi de rester là,
debout mais impuissant,
témoin lucide et pourtant muet,
quand ton souffle se fatigue sous le poids de l’indifférence.

Je n’ai pour te défendre que des mots fragiles,
semblables à ces feuilles mortes que le maquis emporte,
et quelques pas humbles,
tracés en silence à travers tes sentiers anciens,
comme un pèlerin qui espère encore
que chaque pas est une promesse.

Pardonne-moi si mes écrits ne sont que des murmures,
et mes marches de simples hommages,
là où il faudrait des cris capables d’éveiller les montagnes.

Mais sache ceci, ô mon île,
dans le creux de mes faiblesses demeure une fidélité sans faille :
je ne t’ai jamais trahie dans mon cœur.

Et si je ne peux te sauver,
alors laisse-moi au moins t’aimer assez fort
pour que, dans l’ombre des hommes sans valeur,
il subsiste encore une lueur
qui porte ton nom.

Pardonne-moi, Corsica meia,
de n’être qu’un homme parmi les hommes,
mais aime-moi encore
comme l’un de ceux
qui n’ont jamais cessé de te pleurer en silence.

Et l’homme vint à parler de la terre et de ceux qui prétendent la défendre,et il dit :Je suis né entre la pierre et le v...
18/03/2026

Et l’homme vint à parler de la terre et de ceux qui prétendent la défendre,
et il dit :

Je suis né entre la pierre et le vent,
là où la terre ne se donne pas, mais se mérite.
Et j’ai appris, avant même de nommer le monde,
que l’homme n’appartient pas à la terre…
mais que la terre, elle, finit toujours par habiter l’homme.

Et je vous dis :
l’homme corse ne marche pas, il se souvient.
Car chaque sentier est une mémoire,
et chaque pierre, un témoin silencieux des serments anciens.

Les montagnes ne sont pas des obstacles,
mais des maîtres patients,
qui enseignent à l’homme la droiture et le silence.

Et vous me demandez :
Que reste-t-il de ces enseignements lorsque les hommes de parole
oublient la parole elle-même ?

Voyez ceux qui s’élèvent sur les places,
non pour servir, mais pour être vus.
Leur voix est forte, mais leur racine est faible.

Ils parlent de la terre,
mais ils ne l’écoutent plus.
Ils parlent du peuple,
mais ils ne le portent plus.

Et dans leur peur de perdre,
ils ont appris à séparer.

Ils vous diront : “Voici les nôtres, et voici les autres.”
Mais la terre, elle, ne connaît pas ces divisions.
Elle reconnaît seulement ceux qui l’aiment avec vérité
et ceux qui ne font que la nommer.

Car je vous le dis :
celui qui rejette l’homme au nom de la terre
a déjà commencé à trahir la terre elle-même.

N’avez-vous pas appris de vos anciens
que l’honneur n’est pas dans le refus,
mais dans la justesse du regard ?

Ils accueillaient sans se perdre,
et partageaient sans se renier.
Ils savaient que la force d’un peuple
ne réside pas dans ses murs,
mais dans la fidélité de ses cœurs.

Mais ceux qui aujourd’hui vous promettent protection
vous offrent la peur en héritage.
Et ceux qui parlent d’identité
l’ont réduite à une ombre qu’ils agitent devant vos yeux.

Car ils ont oublié.

Ils ont oublié que les racines ne sont pas des chaînes,
mais des profondeurs.
Ils ont oublié que la terre ne demande pas des gardiens de façade,
mais des hommes debout.

Alors je vous dis :
ne prêtez pas votre âme à ceux qui divisent pour exister.

Car l’homme qui se construit contre l’autre
se détruit en lui-même.

Et souvenez-vous :
la terre que vous aimez n’est pas un refuge contre les hommes,
mais un lien entre eux.

Et l’homme corse,
s’il demeure fidèle à ce qu’il est,

ne sera jamais celui qui rejette,
mais toujours celui qui reconnaît.

Car il porte en lui une vérité plus ancienne que les discours :

on ne garde pas une terre en fermant son cœur,
mais en l’ouvrant avec discernement.

Et celui qui marche avec droiture
n’a pas besoin d’exclure pour exister,

car la terre reconnaît les siens,
et cela lui suffit.

O Corsica – Terra d’amore è di lottaO Corsica, terra ferita,figlia du ventu è di petra,on a souvent perdu la routedans l...
14/01/2026

O Corsica – Terra d’amore è di lotta

O Corsica, terra ferita,
figlia du ventu è di petra,
on a souvent perdu la route
dans la colère et les blessures anciennes.
Mais sous les fautes et les errances,
il est resté ce feu sacré :
l’amour d’une terre qu’on ne renie pas.

Même si parfois on s’égare,
il nous reste l’amour de notre terre,
celle qui nous tient debout
quand tout vacille.
Même si parfois on s’égare,
il nous reste l’amour de notre terre,
O Corsica,
nostra anima, nostra bandera.

Ils ont voulu nous diviser,
opposer les voix, user le temps,
mais la mémoire est plus forte
que leurs murs et leurs serments.
Nos pas suivent encore
les sentiers des anciens,
là où l’honneur n’avait pas besoin de lois.

Même si parfois on s’égare,
il nous reste l’amour de notre terre,
celle qui nous tient debout
quand tout vacille.
Même si parfois on s’égare,
il nous reste l’amour de notre terre,
O Corsica,
nostra anima, nostra bandera.

Pas de haine dans nos chants,
mais une justice attendue.
Pas de renoncement,
juste le droit d’être nous.
Décider ici, pour ici,
avec nos morts dans le silence
et nos enfants dans la lumière.

Même si parfois on s’égare,
il nous reste l’amour de notre terre,
et tant qu’un cœur la défendra,
elle ne tombera pas.
O Corsica,
terra d’amore è di lotta,
finché ci serà voce,
ci serà speranza.

Journée de la CorseAujourd’hui, la Corse se tient debout dans la lumière,comme une prière ancienne murmurée par la mer a...
09/01/2026

Journée de la Corse

Aujourd’hui, la Corse se tient debout dans la lumière,
comme une prière ancienne murmurée par la mer aux montagnes.
Elle n’a pas besoin de se parer d’or,
car sa beauté est celle des choses vraies :
le vent libre, la pierre patiente, le maquis indompté.

La Corse est une île qui ne se donne pas,
elle se mérite.
Elle offre ses plages comme des silences,
ses sommets comme des leçons d’humilité,
et ses chemins comme des confidences à ceux qui savent écouter.

Et les Corses…
Ils sont faits de cette terre rude et tendre à la fois.
Leur cœur est fier, parfois farouche,
mais toujours ouvert à qui frappe avec respect.
Ils portent en eux la mémoire des anciens,
le courage transmis sans mots,
et l’amour d’une île qui les façonne autant qu’ils la défendent.

La Corse n’est pas un lieu,
elle est une âme.
Et aujourd’hui, elle nous rappelle
que la beauté la plus précieuse
est celle qui reste fidèle à elle-même.

07/01/2026

Lorsque le drame frappe à la porte des hommes,
ils répondent par la plainte tremblante des regrets.

Alors s’élève la litanie des “si”,
comme une fumée tardive au-dessus des cendres.
Si nos yeux avaient été plus ouverts que nos peurs,
si nos cœurs avaient entendu ce que taisaient les lèvres,
si nos pas avaient choisi un autre chemin,
si le destin avait incliné son visage autrement.

Les “si” naissent toujours après la tempête.
Ils sont les enfants orphelins de notre impuissance.
Ils voudraient rebâtir ce qui s’est écroulé,
retenir ce qui déjà s’éloigne,
et rendre au temps sa course perdue.

Mais le passé est une mer qui ne remonte pas vers sa source.

Le drame ignore les conditions et les promesses.
Il ne connaît que l’instant dépouillé,
tranchant comme la pierre sous le marteau.
Il se tient devant nous sans détour
et parle la langue sévère de l’irréparable.

Et l’homme, au lieu de se tenir droit dans la lumière,
cherche des responsables pour fuir sa propre responsabilité.
Il pointe du doigt ses semblables
comme s’ils étaient les seuls artisans du malheur,
et croit alléger son fardeau
en l’entassant sur les épaules d’autrui.

Dans sa peur d’être jugé, il tire sur l’ambulance,
frappe ceux que la douleur a déjà renversés,
répand des paroles amères sur les blessés
afin de ne pas soigner les plaies de sa conscience.

Il invente des refuges de colère,
des abris d’accusations faciles,
et transforme le chagrin collectif
en champ de bataille personnel.

Ainsi le remords devient un masque,
et la question une muraille commode.

Ô vous qui souffrez, sachez ceci :
aucun “si” n’a jamais ressuscité une heure morte,
ni ramené un être cher du royaume du silence.

Quand enfin s’épuisent les mots incertains,
demeure seule la réalité du drame et du deuil,
grave et silencieuse comme une montagne au crépuscule.

Et c’est dans ce silence assumé,
quand l’homme cesse de se cacher
et accepte le poids de ses actes,
que commence la véritable prière des vivants.

De l’homme qui cria trop fort pour entendreEt l’homme dit :« Le monde est devenu fou. »Mais la Sagesse répondit :« Non, ...
05/01/2026

De l’homme qui cria trop fort pour entendre

Et l’homme dit :
« Le monde est devenu fou. »
Mais la Sagesse répondit :
« Non, le monde souffre,
et tu refuses de le reconnaître. »

Car la folie n’est pas née du chaos,
mais de l’oubli du cœur.
L’homme a cessé de voir l’homme,
et dans cet aveuglement
il a trouvé le courage de blesser.

Il parle désormais sans visage
et frappe sans main.
Ses paroles voyagent loin
mais ne portent plus d’âme.
Elles tombent comme des pierres
lancées depuis l’ombre
sur des cœurs déjà fendus.

Autrefois, le regard retenait le mot.
Aujourd’hui, le mot court
plus vite que la pensée
et plus loin que la conscience.
Ainsi l’insulte devient légère,
car celui qui la prononce
ne sent plus son poids.

Ô humanité fatiguée,
tu appelles liberté
ce qui n’est que déchaînement.
Tu confonds la voix et la vérité,
le bruit et la justice,
la réaction et la sagesse.

Chaque drame te secoue un instant,
puis tu retournes à ton tumulte.
Tu promets d’apprendre
au pied des tombes,
mais ton serment s’efface
avant que la terre ne se referme.

Les leçons sont écrites
dans le sang des innocents,
mais tu préfères les effacer
plutôt que de te transformer.
Car changer exige le courage
que tu refuses d’avoir.

Tu dis : « Nous ne savions pas. »
Mais la douleur a parlé,
la misère a crié,
et les larmes ont supplié.
Ce n’est pas l’ignorance qui te guide,
c’est la lassitude de compatir.

Ainsi l’empathie est devenue lourde
et la douceur suspecte.
Tu élèves des foules promptes à juger
et incapables de se taire.
Et tu appelles cela progrès
quand ce n’est qu’un cercle plus rapide.

Sache-le, ô homme :
ce qui te perd
n’est pas la folie du monde,
mais ton obstination
à ne rien apprendre de ses ruines.
Et tant que tu refuseras la leçon,
les drames reviendront
comme une mer sans mémoire
battant un rivage
qui n’écoute plus.

Quand tout s’effondre sous nos pieds,l’être humain ressemble à une vieille bâtisse oubliée,dressée contre le vent par pu...
30/12/2025

Quand tout s’effondre sous nos pieds,
l’être humain ressemble à une vieille bâtisse oubliée,
dressée contre le vent par pure habitude,
tenant encore debout sans savoir pourquoi.

Ses murs, autrefois droits et fiers,
sont lézardés par les années.
Chaque fissure raconte une tempête,
chaque pierre manquante un espoir perdu.
Le temps n’a pas frappé d’un seul coup :
il a grignoté lentement, jour après jour,
jusqu’à affaiblir la structure de l’âme.

Les fondations, que l’on croyait éternelles,
reposent désormais sur une terre affouillée par le doute.
À l’intérieur, le silence règne,
comme dans une maison désertée où résonnent encore
les pas d’un passé révolu.
Ce qui fut chaleur n’est plus que souvenir froid.

La façade tient encore,
par orgueil peut-être,
ou par peur de l’effondrement total.
Mais derrière les pierres, les poutres pourrissent,
rongées par l’humidité des regrets et des non-dits.
L’homme, comme la bâtisse,
cache ses faiblesses sous un enduit fatigué.

Parfois une pierre tombe,
sans fracas,
simplement lasse de porter le poids du reste.
Et l’on comprend alors
que ce n’est pas la chute qui fait peur,
mais l’attente interminable de celle-ci.

La pluie s’infiltre par les brèches,
élargit les failles,
et transforme chaque blessure en blessure durable.
Même la lumière, quand elle entre,
n’éclaire pas :
elle révèle la poussière et la ruine.

Pourtant la bâtisse demeure,
non par force,
mais par résistance usée.
Elle ne rêve plus d’abriter,
seulement de ne pas disparaître.

Ainsi va l’homme érodé par le temps :
debout parmi ses ruines,
portant ses fissures comme des cicatrices ouvertes,
sachant qu’un jour,
le silence reprendra ses pierres —
et que l’effondrement,
loin d’être une fin brutale,
n’aura été qu’un long consentement.

À Pascal, pour tes 67 ansMon frère,Aujourd’hui le temps prononce ton nom en silence,et l’âge que tu aurais porté se pose...
27/12/2025

À Pascal, pour tes 67 ans

Mon frère,
Aujourd’hui le temps prononce ton nom en silence,
et l’âge que tu aurais porté se pose comme une lumière douce
sur le seuil de ma mémoire.

Tu n’as pas vieilli,
car ceux que le ciel rappelle trop tôt
demeurent à jamais dans l’éternelle saison de l’âme.
Les années n’ont pas creusé ton visage,
elles ont seulement approfondi ton absence
et élargi l’espace où tu respires encore en moi.

Tu es parti à bord d’un oiseau de fer,
mais ce n’est pas dans sa chute que je te cherche.
Je te retrouve dans le ciel intact,
là où aucune peur ne survit,
là où le voyage n’a plus de fin
et où les frères ne se quittent jamais vraiment.

Ne crois pas que la mort t’ait volé à la vie.
Elle t’a seulement rendu au grand mystère,
comme la vague retourne à la mer
sans cesser d’être eau.
Car tu es encore présent
dans chaque souvenir qui me réchauffe,
dans chaque silence où ton rire persiste.

Aujourd’hui, je ne souffle pas de bougies,
mais j’élève une pensée.
Je ne compte pas les années,
je compte l’amour —
et celui-ci n’a ni âge ni tombe.

Si le temps pouvait entendre mon vœu,
je lui demanderais non de te rendre,
mais de m’apprendre à marcher avec ton absence
comme on marche avec une étoile :
elle est loin,
mais elle éclaire.

Joyeux anniversaire, mon frère.
Là où tu es, que la paix te soit légère
et que tu saches
que sur cette terre,
ton nom continue de vivre
dans un cœur qui ne t’a jamais laissé partir.

Joyeux Noël, malgré la houleMême lorsque la mer s’est faite lourdeet que le vent a meurtri les âmes,Noël revient,comme l...
24/12/2025

Joyeux Noël, malgré la houle

Même lorsque la mer s’est faite lourde
et que le vent a meurtri les âmes,
Noël revient,
comme le feu ancien que l’on protège au cœur des maisons,
quand dehors la nuit insiste.

Il ne promet pas des jours faciles,
mais il rappelle à ceux qui savent écouter
que la terre tient bon sous nos pas,
et que l’olivier, même battu,
continue de nourrir la lumière.

Que ce Noël soit pour chacun
un instant de paix volé au tumulte,
un regard posé sur l’horizon,
là où la montagne et la mer se parlent encore,
loin du bruit des hommes.

Joyeux Noël,
à ceux qui doutent,
à ceux qui résistent,
et à ceux qui, comme cette île,
portent les cicatrices sans jamais renoncer à la vie.

La mer est immobile, comme un souvenir qui refuse de s’effacer.Elle porte en elle le poids des jours perduset le silence...
20/12/2025

La mer est immobile, comme un souvenir qui refuse de s’effacer.
Elle porte en elle le poids des jours perdus
et le silence de ceux que nous n’avons pas su aimer assez.

Cette baie ne console pas.
Elle rappelle.
Elle murmure ce que le cœur n’ose plus dire :
que certains instants n’attendent qu’une seule fois.

Les regrets naissent là où le temps a été trop pressé,
là où l’on a cru que demain serait éternel.
Ils sont ces vagues légères
qui reviennent sans bruit,
mais laissent une trace sur le sable de l’âme.

Je regarde l’horizon,
et je comprends que la paix n’est pas l’oubli,
mais l’acceptation de ce qui ne reviendra pas.

Car le souvenir, lorsqu’il est trop beau,
devient une blessure douce
que même la lumière n’ose refermer.

Casteddu d’AraghjuToi,porte dressée avant les prières,je viens sans demandeet sans crainte.Je sais que tu n’ouvres pas :...
18/12/2025

Casteddu d’Araghju

Toi,
porte dressée avant les prières,
je viens sans demande
et sans crainte.

Je sais que tu n’ouvres pas :
tu attends.
Tu attends que l’homme
dépose ce qui pèse
et garde ce qui est vrai.

Devant toi,
je rends mes colères à la pierre,
mes fiertés au vent,
mes mots au silence.
Ce qui reste
suffit.

Tu m’as appris
que vivre n’est pas durer
mais traverser.
Tes pierres ne tiennent pas par force,
elles tiennent par accord.

Quand viendra l’heure
où mon pas s’effacera,
reconnais-moi.
J’ai marché avec ta mémoire
comme on marche
avec une lampe
au fond du cœur.

Si je franchis ton seuil,
ne retiens rien de moi.
Que la terre reprenne son souffle,
et le silence, mon nom.

Alors je saurai
que je ne quitte pas la vie :
je rentre.

Avà, a terra mi ripiglia.

Le Casteddu d’Araghju n’est pas une ruine :
c’est un seuil.

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