17/07/2026
Une Renault 4L avec seulement... 75 km au compteur !
Après plus de quinze ans de chasse aux épaves intensive sur les routes de France et d'ailleurs, je peux, modestement, me vanter d'avoir pu ajouter quelques raretés à mon tableau de chasse. Toutefois, je n'aurais jamais pensé que l'une de mes découvertes les plus surprenantes serait... Une 4L. Une simple 4L, oui, mais une 4L neuve, dans le vrai sens du terme.
Dans ce quartier résidentiel breton, la présence de cette grosse concession Renault à l'abandon faisait tâche dans le paysage : derrière les grillages, les vitrines vides faisaient face à une cour gagnée par les herbes folles, avec ça et là quelques carcasses de voitures placées en travers des entrées pour en barrer le passage. Un permis de construire placardé le long de la rue annonçait la construction prochaine d'une résidence neuve, qui pousserait d'ici quelque temps à la place de cette friche inutile. Je passerais le portail sans réellement savoir sur quoi j'allais tomber, aussi, la surprise sera grande lorsque je remarquerai les silhouettes de trois voitures anciennes à travers un carreau cassé.
La scène se passait dans une remise située derrière le showroom. Oubliées ici pour on ne sait quelle raison lors du déménagement de la concession vers des locaux neufs, ces beaux véhicules de collection étaient restés là, abandonnés, livrés aux vandales et aux visiteurs peu scrupuleux. La scène était incompréhensible, d'autant que ces autos semblaient tous avoir été parfaitement entretenues avant que les casseurs ne s'en emparent. Pourquoi laisser derrière soi de telles pièces de collection ?..
On pouvait trouver là une Renault 16 des premières générations, toujours aussi élégante malgré sa carrosserie barbouillée de peinture colorée. Il y avait aussi une 4CV automatique qui mériterait également de retrouver la route. Mais la voiture qui retiendra le plus mon attention sera la Renault 4 blanche : elle semblait plus propre encore que ses voisines, et si l'on faisait abstraction du vandalisme, on la croirait parfaitement neuve. Un coup d'œil à l'intérieur me permettra de constater que l'auto n'avait roulé en tout et pour tout que... 75 kilomètres. Autant dire rien. L'état des selleries, du compartiment moteur ainsi que des trains roulants confirmait également que celle-ci n'avait jamais vraiment servi.
Il s'agit de l'une des 1000 dernières 4l produites en France, celle-ci est numérotée 852.
L'année dernière, une Renault 5 de 1982 sortie d'un garage avec seulement 12 km au compteur a été vendue pour la modique somme de 64 000 €, c'est dire la valeur marchande que pouvait avoir cette belle 4L remarquablement préservée. Son abandon ici était tout à fait absurde. À l'époque de la découverte, j'avais envoyé quelques mails pour connaître les raisons de cet abandon, et -pourquoi pas- envisager de sauver ne serait-ce que la 4L blanche. Mes requêtes resteront hélas sans réponse.
Aujourd'hui, la concession Renault a été détruite et des immeubles seront bientôt construits à la place. Alors qu'est-il advenu de ce trio oublié ? On peut se permettre d'être confiant : par hasard, j'ai récemment vu passer des photos de la Renault 16 sur Facebook, qui venait alors d'être récupérée par un passionné en attendant de pouvoir bénéficier d'une restauration complète. Dès lors, il y a fort à parier que ses voisines aient eu la même chance.