16/09/2021
Chapître V.
Les cicatrices
Je me décide enfin à faire ce gros chapître assez délicat , je ne sais pas vraiment par où commencer , je vais essayer de poser les mots tels qu'ils viennent.
Je m'excuse pour la peine et la tristesse que ça va engendrer pour les personnes importantes de ma vie , ce n'est la responsabilité de personne si ce n'est la mienne . J'ai caché ça aussi longtemps qu'il le fallait pour moi , une chose supplémentaire à assumer , des regards en plus sur mon corps.
L'automutilation.
La date exacte à laquelle j'ai commencé ce long voyage je ne l'ai plus en tête mais ça a commencé au début du lycée donc en pleine crise existentielle avec une enfance difficile dans mes bagages.
Avant tout ça j'avais déjà quelqu'un dans mon entourage qui se mutilait et qui me rendait malade avec ses menaces de su***de régulières , je fesais mon possible pour être présente et empêcher ça mais à l'époque je savais pas encore que l'on ne peut pas sauver les gens , on peut les accompagner , les aider mais on ne règle les problèmes de personne même avec toute la bonne volonté du monde.
Ensuite il y a eu le film Thirteen , avec cette petite blondinette qu'on voit se mutiler avec une lame de rasoir dans sa salle de bain.
Si je n'avais pas eu ces facteurs sur mon chemin est ce que j'aurais quand même franchis ce cap ? Je ne le saurais jamais.
et rrez
J'étais très colérique et très dure à cette époque, une véritable boule de nerfs à vif. Écorchée de l'intérieur je commence doucement en écrivant sur ma peau avec mon compas pour commencer , assise par terre devant le lycée entre deux cours ou en fin de journée .
Et c'est vite devenu insuffisant , il a fallu passer au niveau au dessus donc j'ai acheter ce premier rasoir , le désosser , récupérer les lames et les emballer soigneusement dans un mouchoir.
Ça peut paraître bête mais c'est un vrai petit rituel , en général c'etait le soir avant de me coucher , je me mettait dans le noir assise en tailleur sur mon lit avec une ou plusieurs bougies allumées pour m'éclairer , ce mouchoir déplier avec mes lames sur mon genou et plusieurs mouchoirs sous mon avant bras . Au début c'était simplement des " griffures " puis au fils du temps j'avais besoin de plus .
Plus de quoi ? Plus de sang ? Plus de douleur ? Plus de cicatrices ? À ce moment précis c'est un soulagement , on a vraiment l'impression qu'on arrive à extraire ses problèmes à travers ses entailles , c'est une vague de chaleur qui traverse le corps et qui apaise suffisamment pour pouvoir dormir sereinement.
C'est marrant mais après je désinfectais mon bras , pour quand même en " prendre soin " après lui avoir infligé cette séance de torture . La douleur me fait du bien , me vide la tête et apaise mon coeur.
A chaque fois c'est différent que se soit au niveau du temps , de la taille ou la profondeur.
Mon mal être de l'époque m'a aider à camoufler tout ça sous ma tonne de fringues larges à manches longues
Je me souviens d'un soir plus intense que les autres , ce soir là j'étais pleine de rage et de tristesse et j'y suis vraiment allée fort , le sang coulait plus que d'habitude au début je n'en n'est pas vraiment tenu compte mais plus j'épongeais et plus ma tête commençait à tourner. Prise de panique j'ai vite arrêté et je me suis mise à appuyer très fort sur mon bras. Je me suis vu détruire la vie de ma famille , j'avais vraiment honte d'en être arriver là.
C'était la première fois que ça m'arrivait , ce sont d'ailleurs mes plus grosses cicatrices.
Après cet épisode je m'étais un peu calmée mais cela ne m'a pas empêchée de continuer encore des années ...
J'ai réussi à cacher tout ça vraiment longtemps , très peu de personnes étaient au courant.
J'ai eu également une expérience traumatisante au lycée , j'étais en cours d'anglais avec le remplaçant que je détestait . Je recopiais le cours et par malheur j'ai relevé ma manche parce qu'elle me gênait pour écrire , à aucun moment j'ai pensé que quelqu'un pourrait voir mon bras , j'étais assise seule , tout le monde était concentré sur son cours . Mais là le prof est passé à côté de moi , il m'a attrapé le bras , je me suis sentie tellement mal , couverte de honte j'ai senti mes joues s'embraser et là il me demande ce que j'ai sur le bras et j'ai brutalement retiré mon bras de sa main en répondant que c'était rien . J'ai remis ma manche et la vie de la classe a repris son cours.... Absolument tout le monde a entendu , personne n'a réagit , toutes les têtes se sont levées une fraction de seconde. Même ce professeur n'a jamais reparlé de ça , car j'attendais une convocation suite à cette incident mais il ne s'est rien passé.
J'ai continué pendant des années mais c'était moins fréquent et en choisissant d'autres endroits plus discrets pour éviter ce genre de malaise.
Cela ne fait plus partie de mon quotidien à présent , mais ça fait parti de moi et j'en ai eu besoin pour avancer dans la vie. Je l'ai enfin accepté.
Mon corps abîmé sublimé ❤️