08/09/2026
Hier, j’ai répondu à une interview pour un magazine.
J’y ai beaucoup parlé de mes autoportraits, de mon rapport au corps, à la nudité, à l’image de la femme, à l’intime.
Et en répondant aux questions, il s’est passé quelque chose que je n’avais pas vraiment anticipé.
J’ai mis des mots sur des choses que je fais depuis des années presque instinctivement.
Sur ce qui me pousse à me photographier.
Sur ce que je cherche dans un corps.
Sur ce que j’essaie de révéler plutôt que de corriger.
Sur cette nécessité de me regarder pour rester présente à moi-même.
Et je me suis rendu compte à quel point mettre des mots sur ce que l’on fait sincèrement, parfois sans même savoir pourquoi, permet de se reconnecter à sa propre vérité.
Comme si, en racontant mon travail à quelqu’un d’autre, je me le racontais aussi à moi-même.
Je crois que c’est aussi pour ça que l’autoportrait est devenu si important dans ma vie.
Au départ, je me photographiais parce que je n’osais pas demander aux autres de poser pour moi. C’était un terrain d’expérimentation.
Puis c’est devenu un endroit où je pouvais déposer ma vie.
Mes transformations.
Mes complexes.
Mes émotions.
Ma vulnérabilité.
Mon désir.
Mes cicatrices.
Tout ce qui bougeait en moi et sur moi.
Et avec le temps, j’ai compris quelque chose d’essentiel : les endroits de nous que nous cherchons le plus à cacher sont parfois précisément ceux qui racontent le mieux qui nous sommes.
Hier, en mettant tout cela en mots, j’ai eu envie de prendre mon appareil et créer de nouveaux autoportraits.
Pas pour me montrer.
Pas pour être regardée.
Mais pour regarder.
Pour continuer à rencontrer cette femme que je suis, à travers mon propre regard.
Parce que finalement, peut-être que se regarder n’est pas une preuve de narcissisme.
Peut-être que se regarder, c’est simplement être présente à soi.
Et parfois, il suffit de quelques questions posées par quelqu’un d’autre pour avoir envie de continuer à se chercher. 🤍
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