24/07/2026
Chers , chers passionnés de l’image (je sais qu'il y en a peu ici car c'est juste une toute petite page, mais ils se reconnaîtront),
C’est avec une émotion particulière, mais une décision mûrement réfléchie, que je vous écris ce message aujourd'hui.
L’aventure Elsass Production touche à sa fin : la page sera définitivement supprimée à la fin de l’année.
Tout a commencé en 2009. À l'époque, j'ai fait mes premiers pas un appareil à la main : un simple Canon 500D et son 18-55mm IS. C'est avec ce matériel modeste que j'ai tout appris sur le tas.
Les autofocus n'étaient pas performants, le bruit numérique détruisait les détails dès 800 ISO et les cartes mémoire coûtaient une fortune(aujourd'hui aussi depuis la crise de la mémoire).
C'était un autre monde : les smartphones n'existaient pas vraiment sous leur forme actuelle et seuls les passionnés étaient sur le terrain pour immortaliser l'instant.
À la base, Elsass Production a été pensé comme un projet de cœur et de partage.
Le but était de faire transparaître la culture alsacienne, de capturer des sourires, d'immortaliser des moments de fête et surtout d'offrir des images gratuitement aux associations qui n'ont pas les moyens de s'offrir une belle visibilité.
Puis, pour passer à la vitesse supérieure et couvrir de plus gros événements, j'ai voulu transformer cette aventure en duo. J'ai transmis mon savoir-faire en photo, je me suis lancé en vidéo avec un Lumix S5, et on a enchaîné les carnavals.
J'ai poussé mon corps bien au-delà du raisonnable pour assurer le job qui reste du bénévolat, pas de gain sauf le sourire sur les photos et les remerciements des associations.
Si je ferme cette page aujourd'hui, c’est aussi le constat amer d'une évolution globale du milieu. Je tiens à le dire très explicitement : je soutiens à 100 % les bénévoles et les associations extraordinaires qui utilisent leurs smartphones pour faire vivre leurs événements.
C'est un outil formidable qui permet aujourd'hui à des personnes formidables de capturer la vie, de communiquer avec passion et de préserver leurs précieux budgets pour leurs causes. Cela n'a rien à voir avec du matériel, c'est une question d'intention et de cœur.
Ce qui me désole en revanche, c'est cette culture du "m'as-tu vu", du chiffre et du contenu jetable qui s'est installée chez ceux qui prétendent faire de l'image leur métier sans en avoir ni le respect, ni le savoir-faire.
Je vois heureusement de nouveaux passionnés arriver avec un talent fou, et cela me fait chaud au cœur, mais le flux incessant d'images sans âme finit par user.
À cette lassitude s'ajoute la réalité du terrain. Mon corps me rappelle à l'ordre. Je souffre de la maladie de Scheuermann — une malformation survenue à l'adolescence qui entraîne une usure précoce des disques intervertébraux et des blocages répétés —, couplée à une scoliose et des insomnies sévères. Le physique ne suit plus.
La passion s'est muée en contrainte, au point de risquer de me faire détester ce que j'aime tant. Je préfère donc m'arrêter là, la tête haute et fidèle à mes principes.
La page accueillera encore quelques événements d'ici la fin de l'année, notamment les marchés de Noël que j'essaierai de couvrir au maximum.
J'en profiterai aussi pour republier quelques anciens clichés (en précisant bien leurs dates !).
Je tenais à remercier sincèrement tous ceux qui ont suivi cette aventure avec bienveillance, qui ont estimé mon travail à sa juste valeur et avec qui j'ai pu partager de vrais moments humains et authentiques.
La page restera en ligne jusqu'au 31 décembre. D'ici là, n'hésitez pas à enregistrer les clichés qui vous tiennent à cœur.
Merci pour tout ce chemin parcouru ensemble.
— Elsass Production Château de Lichtenberg(2018)