05/06/2026
Déconnectés
Je regarde la jeunesse de Carrefour avec admiration, mais aussi avec inquiétude.
Admiration, parce que je vois des jeunes pleins de talent, d'énergie et de créativité. Inquiétude, parce que je constate chaque jour combien cette richesse humaine est absorbée par un monde virtuel qui lui vend des illusions plus rapidement qu'il ne lui offre du savoir.
Je suis souvent frappé par ce paradoxe. Nos écoliers passent des heures à faire défiler des vidéos, à commenter des publications et à suivre des influenceurs qu'ils ne rencontreront probablement jamais. Pourtant, beaucoup ignorent encore les grandes figures de notre histoire, les écrivains qui ont façonné notre culture ou les réalités qui menacent leur propre avenir.
Je ne condamne pas les réseaux sociaux. Ils font partie de notre époque. Moi-même, je reconnais leur utilité lorsqu'ils servent à informer, à partager ou à créer. Mais je refuse de fermer les yeux lorsque je vois des jeunes devenir prisonniers d'un univers où l'apparence compte davantage que l'intelligence et où le nombre d'abonnés semble parfois plus important que le nombre de livres lus.
Ce qui me préoccupe le plus, ce n'est pas seulement l'ignorance. C'est l'abandon progressif de l'esprit critique. Beaucoup de jeunes acceptent aujourd'hui ce qu'ils voient sur leurs écrans sans questionner, sans vérifier, sans réfléchir. Ils consomment l'information comme on consomme un produit jetable.
À Carrefour, nous vivons pourtant dans une réalité qui exige des citoyens conscients, instruits et capables d'analyser le monde qui les entoure. Notre pays traverse des crises profondes. Plus que jamais, nous avons besoin d'une jeunesse qui réfléchit, qui lit, qui débat et qui construit.
Je rêve d'une génération capable d'utiliser la technologie sans devenir son esclave. Une génération qui sache qu'un téléphone peut ouvrir une porte vers la connaissance, mais qu'il ne remplacera jamais l'effort intellectuel, la lecture et l'expérience humaine.
L'avenir de Carrefour ne se trouve pas dans les tendances qui disparaissent après vingt-quatre heures. Il se trouve dans les salles de classe, dans les bibliothèques, dans les discussions sincères et dans le courage de penser par soi-même.
La jeunesse carrefouroise mérite mieux que des écrans qui capturent son attention. Elle mérite un horizon qui nourrisse son intelligence.
C'est pourquoi, aujourd'hui, je lance cet appel : déconnectons-nous un peu pour mieux nous reconnecter à nous-mêmes, à notre culture et à notre avenir.
Godson MOULITE
Éditorial
Nou Show
https://whatsapp.com/channel/0029VbBypLY5PO0wJuWbZE2w
Follow NOU SHOW Magazine's WhatsApp channel. Une émission sur la culture. Join 136 followers for the latest updates.