04/06/2026
Ces derniers temps, certains ont cru me revoir au bord des terrains de handball.
Ce n’était qu’un passage, un dernier tour de piste avant de fermer doucement le cadre.
Avant de quitter ce petit « Grindboté », j’ai voulu une dernière fois me tenir là où tout vit :
entre les lignes, au bord du jeu, là où les émotions ne se posent pas… elles éclatent.
Merci à celles et ceux qui ont croisé mon regard durant ces 17 ans et accepté d’y laisser un instant d’eux-mêmes.
Des sourires, des efforts, des colères, des joies, des grimaces. Autant de fragments devenus images.
Merci aussi à ceux qui ont partagé ce chemin, même dans ses tons les plus libres, parfois critiques, parfois moqueurs, parfois rebelles mais toujours portés par le respect et l’amour du terrain.
Je pars avec des visages, des gestes et des silences pleins les poches.
Comores, Madagascar, Maldives, Maurice, Mayotte, Rodrigues, Seychelles, La Réunion, autant d’îles, autant de lumières, autant de traces.
À celles et ceux qui continueront à photographier le sport 974, gardez la flamme.
Celle qui attend, qui observe, qui respecte, qui réchauffe les cœurs.
Celle qui ne cherche pas à briller plus fort que ce qu’elle regarde.
En espérant que vous serez mieux reconnus pour votre engagement, votre sacrifice et votre investissement auprès des ligues, comités ou associations, peu importe leurs noms.
La Réunion n’a rien à prouver. Elle est, simplement, forte, vivante, unique dans son océan.
Il serait peut-être temps que chacun puisse retrouver un peu de simplicité, de cohérence et de proximité avec le terrain, loin des comparaisons systématiques ou des modèles extérieurs, afin de mieux valoriser les licenciés et celles et ceux qui font vivre le sport au quotidien.
La Réunion possède un niveau sportif de très grande qualité dans l’Océan Indien, et cela depuis longtemps. Cette richesse mérite d’être accompagnée avec humilité, confiance et continuité, plutôt que dispersée dans des logiques de reconnaissance ou de distinction.
Je referme donc ce chapitre comme on baisse doucement l’appareil après la dernière prise: sans bruit, sans retour en arrière, simplement avec gratitude.
Et peut-être qu’un jour, au détour d’un ailleurs, nos regards se recroiseront.
P.S.: voici ma dernière photo sur le sol réunionnais. Je vous laisse toute ma collection de « tongs 🩴 » (clin d’œil à Manu Guermeur du Quotidien ) vu que là où je vais, elles me seront complètement inutiles. Celui à qui je pense peut se les mettre dans…
Zut. J’ai bien failli rester courtois jusqu’au bout mais mon sale caractère de cochon (Breton et fier de l’être) n’a pas pu se retenir. 😅