04/16/2026
Sur la nécessité d’entretenir des amitiés comme acte de résistance sociale (English below)
Dans notre société façonnée par la logique capitaliste et fasciste, les relations humaines sont réduites à leur utilité.
La valeur d’un individu se mesure à sa productivité, à son efficacité, à sa capacité à s’inscrire dans des structures normées comme la famille nucléaire ou le cadre professionnel. Le capitalisme valorise les relations transactionnelles. Les interactions sont orientées vers un objectif, un gain, une optimisation matérialisée.
On remarque que les relations professionnelles prennent toute la place dans le quotidien, et que les structures familiales traditionnelles sont présentées comme les principaux, voire les seuls, lieux légitimes d’affection et de solidarité.
Dans ce contexte, entretenir des amitiés, surtout en dehors de ces cadres prescrits, devient un acte de résistance politique et sociale.
Les amitiés constituent ainsi une forme de résistance sociale puissante, une manière de réaffirmer l’importance du lien humain face à des systèmes qui les appauvris, ou qui les rendent quasiment impossibles.
Je célèbre les amitiés non utilitaires, libres, choisies et entretenues pour elles-mêmes et donc, par définition, subversives.
Celles qui échappent à tout prix aux logiques de rendement, de contrôle et de norme.
Notre défi est de pouvoir créer et entretenir des amitiés en dehors des normes dominantes, en dehors de la famille nucléaire, en dehors du travail.
C’est une prise de conscience collective nécessaire et libératrice.
Ces liens ‘inutiles’ ne reposent pas sur une obligation sociale ou économique, mais sur un engagement volontaire. Ils ont la capacité intrinsèque d’ouvrir des espaces où les individus peuvent exister autrement que comme travailleurs, consommateurs ou membres d’une structure prédéfinie.
Le système fasciste et capitaliste dans lequel nous vivons présentement homogénéise les identités, contrôle les corps, les esprits et annihile la diversité des amitiés qui pourtant, dans cette logique, deviennent encore plus essentielles.
Cultivons l’amitié.
Résistons à la fragmentation sociale, la méfiance généralisée, l’individualisme capitaliste.
Construisons des solidarités capables de s’opposer à ces logiques oppressives d’exclusion.
Cultivons le partage, les émotions, vives et imparfaites, l’empathie, dans une société qui tend à les marginaliser.
Cultivons le chaos créatif. Enterrons la performance et la maitrise de soi.
Créons des espaces pour ressentir et partager pleinement.
En portée collective, tissons des réseaux informels de solidarité, capables de soutenir les individus face aux violences systémiques.
L’amitié est l’un des sols les plus fertiles de transformation sociale.
Une musique alternative, une nourriture q***r et cosmique.
Une danse instinctive inter-espèce, où l’on apprend à habiter le monde autrement, ensemble.
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On the necessity of nurturing friendships as an act of social resistance
In our society shaped by capitalist and fascist logics, human relationships are reduced to their utility.
An individual’s value is measured by their productivity, their efficiency, their ability to fit into normalized structures such as the nuclear family or the professional sphere. Capitalism valorizes transactional relationships. Interactions are oriented toward an objective, a gain, a material optimization.
We observe that professional relationships take up most of daily life, and that traditional family structures are presented as the primary, if not the only legitimate sites of affection and solidarity.
In this context, maintaining friendships, especially outside these prescribed frameworks, becomes an act of political and social resistance.
Friendships thus constitute a powerful form of social resistance, a way of reaffirming the importance of human connection in the face of systems that impoverish it or render it nearly impossible.
I celebrate non-utilitarian friendships, free, chosen, and cultivated for their own sake and therefore, by definition, subversive.
Those that, at all costs, escape logics of productivity, control, and normativity.
Our challenge is to create and sustain friendships outside dominant norms, outside the nuclear family, outside of work.
This is a necessary and liberating awakening.
These “useless” bonds are not grounded in social or economic obligation, but in voluntary commitment. They hold the intrinsic power to open spaces where individuals can exist as something other than workers, consumers, or members of predefined structures.
The fascist and capitalist system in which we currently live homogenize identities, controls bodies and minds, and annihilates the diversity of friendships, which, within this very logic, become all the more essential.
Let us cultivate friendship.
Let us resist social fragmentation, generalized mistrust, and capitalist individualism.
Let us build solidarities capable of opposing these oppressive logics of exclusion.
Let us cultivate sharing, emotions, vivid and imperfect, and empathy, in a society that tends to marginalize them.
Let us cultivate creative chaos.
Let us bury performance and self-mastery.
Let us create spaces to feel and to share fully.
On a collective scale, let us weave informal networks of solidarity, capable of supporting individuals in the face of systemic violence.
Friendship is one of the most fertile grounds for social transformation.
An alternative music, a q***r and cosmic nourishment.
An instinctive interspecies dance, where we learn to inhabit the world differently, together.