05/07/2026
Très beau message 🙌 La solidarité entre femmes ne devrait jamais être une exception, mais une force. Merci d’avoir mis des mots sur cette réalité.
J’avais envie de partager une réflexion qui me suit depuis un moment.
Avant toute chose, je précise que ce post n’est ni une critique des femmes, ni un discours féministe, ni une opposition entre les hommes et les les femmes photographes. C’est simplement le regard d’une jeune femme qui évolue dans ce milieu depuis quelques années et qui essaie de comprendre certaines réalités qu’elle observe.
La photographie m’a énormément appris sur l’art, mais aussi sur les êtres humains.
Et l’un des constats qui me rend parfois triste, c’est le manque de solidarité que je ressens entre certaines femmes photographes.
Je parle bien de mon expérience, de mon ressenti et de ce que j’ai pu observer. Il existe évidemment des femmes incroyables, généreuses, bienveillantes et prêtes à soutenir les autres. Heureusement qu’elles existent.
Mais malgré cela, j’ai souvent eu l’impression qu’il y avait davantage de comparaisons que d’encouragements, davantage de distance que de proximité, davantage de petits clans que de véritables liens de consœurs.
Parfois, on arrive dans un espace et l’on sent immédiatement qu’on doit prouver qu’on mérite d’être là.
Parfois, on salue et l’on ne reçoit pas de réponse.
Parfois, on a l’impression qu’avant même de connaître notre travail ou notre personnalité, une forme de méfiance s’est déjà installée.
Et je trouve cela dommage.
Parce qu’en réalité, nous ne sommes pas nombreuses.
La présence féminine dans la photographie ivoirienne continue encore de grandir et de s’imposer. Nous sommes en train d’écrire quelque chose, de montrer à d’autres jeunes filles qu’il est possible de tenir un appareil photo, de créer, de diriger, de raconter des histoires et d’en vivre.
Nous sommes encore dans une phase où chaque femme qui avance ouvre un peu plus la route aux suivantes.
C’est précisément pour cette raison que je crois que nous avons besoin les unes des autres.
Pas pour penser pareil.
Pas pour être amies avec tout le monde.
Pas pour supprimer toute concurrence, car la concurrence existe dans tous les métiers.
Mais simplement pour développer une culture du respect, de l’encouragement et de la reconnaissance mutuelle.
J’ai souvent observé que beaucoup d’hommes photographes fonctionnent différemment. Ils se recommandent, collaborent, se donnent des opportunités, créent des réseaux et avancent ensemble. Bien sûr, tout n’est pas parfait chez eux non plus, mais cette solidarité professionnelle est quelque chose dont nous pourrions nous inspirer.
Parce qu’au final, la réussite de l’une n’enlève rien à l’autre.
Une femme photographe qui obtient un contrat ne ferme pas les portes à toutes les autres.
Une femme qui se fait remarquer dans son domaine ne diminue pas la valeur de ses consœurs.
Au contraire, elle participe à rendre notre présence plus visible et plus légitime.
Je pense aussi que notre milieu est déjà suffisamment exigeant.
Entre les préjugés, les remarques, la difficulté à être prises au sérieux, les longues heures de travail et tout ce qu’il faut constamment prouver, nous faisons déjà face à assez d’obstacles.
Alors pourquoi nous ajouter entre nous des barrières inutiles ?
Pourquoi laisser la comparaison prendre plus de place que l’admiration ?
Pourquoi considérer une autre femme comme une menace avant même de la considérer comme une collègue ?
Je rêve sincèrement d’un environnement où une photographe peut entrer dans une salle et être accueillie avec simplicité.
Un milieu où l’on peut se dire bonjour sans calcul.
Où l’on peut féliciter le travail d’une autre sans que cela soit vécu comme une faiblesse.
Où l’on comprend que la lumière des autres n’éteint pas la nôtre.
Ce n’est pas un appel à l’uniformité.
C’est un appel à davantage d’humanité.
Parce qu’au-delà des appareils photo, des objectifs et des portfolios, nous appartenons tous à la même communauté créative.
Et je reste convaincue qu’une communauté grandit davantage lorsqu’elle choisit la solidarité plutôt que la comparaison.
Ce n’est qu’une réflexion personnelle.
Mais peut-être qu’il est temps d’en parler plus ouvertement…
📸 Aruna Winner