23/04/2026
Hommage à Nna Djamila
Une âme de lumière partie trop tôt (21/04/1993 – 21/04/2026)
L'ange est partie bien trop tôt. Une femme d'exception, aimée de tous, elle habitait l'humilité et n'a jamais connu la querelle, malgré les épreuves de la vie. Elle faisait le bien avec désintéressement, sans jamais rien attendre en retour de ceux qu'elle aidait.
Djamila Sellam (Ǧamila n Cherif Waɛmeṛ, mère d'Ahmed Cherfaoui, de Slimane, de Meriem et de Tassadit), que son âme repose en paix, nous a quittés il y a déjà 33 ans. En ce jour funeste du 21 avril 1993, celle qui se distinguait parmi toutes ses paires s'est effacée à jamais. Elle est partie sans que nous y soyons préparés, si jeune, glissant de la vie vers l'au-delà sans bruit, sur la pointe des pieds. Elle s’est éclipsée, celle à qui nous étions si attachés, celle que nous aimions tant ; nous n'étions pas prêts, nous n'avions pas imaginé l'avenir sans elle. Elle a laissé derrière elle ses enfants, encore tout petits, et sur nous, l'obscurité est tombée.
Nna Djamila, bien qu’ayant connu les affres de la guerre, je ne l'ai jamais vue en colère ou méprisante envers quiconque ; avec elle, tout n'était que paix. Elle rayonnait de sourire sans tristesse, elle aimait sans haine. Elle ne s'est jamais plainte dans le besoin, ni enorgueillie dans l'abondance.
Je me souviens de l'année 1962, à l'indépendance, lorsqu'elle étudiait avec les jeunes filles et garçons à la mosquée (car l'école du village n'a ouvert qu'en 1964). Même celui qui leur enseignait était un jeune homme sage et instruit. Nous pensions alors que le brouillard se dissipait enfin sur nous ; filles et garçons étudiaient, et même le regard porté sur les femmes commençait à changer. Un chemin moderne se dessinait, les modes vestimentaires évoluaient, garçons et filles s'habillaient à la mode de l'époque.
Les gens commençaient à comprendre, distinguant l'égarement du progrès. Le chemin était tracé, clair, menant vers les sommets atteints par ceux qui nous avaient devancés. Les gens d'alors croyaient fermement que la seule voie vers la lumière était celle de la science et du savoir acquis sur les bancs de l'école.
C'est de cette voie que sont issus ceux que nous avons connus plus t**d comme des intellectuels, ceux qui ont suivi la modernité dans les années 70. Ce sont eux qui ont fait fleurir notre culture et notre art, eux qui nous ont ouvert les yeux et élevé le niveau de l'éducation. Grâce à eux, notre dignité s'est redressée et nous avons grandi.
Pourtant, aujourd'hui, que voyons-nous ? Sur nous tombe le crépuscule.
Quant à toi, âme gracieuse, repose en paix.
Ass-a d acu nettwali, fell-aɣ d tameddit
Kra din ur d-yeggri, mi tbeddel tallit,
Acengu ur yeɣfil, ayen ilhan isfeḍ-it,
Ayen akken yulin, yezzi-d yesseɣli-t
I kem a tuḍrift, sgunfu di talwit.
Lmulud Sellam