01/05/2026
C’est toujours la nature qui dicte sa loi, et c’est elle qui a le dernier mot.
Plus j’arpente les crêtes, plus je mesure l’abîme entre mon orgueil et l’infinie diversité du vivant. Je croyais pourtant connaître Dame Nature, elle qui m’a toujours accueilli sans réserve, me berçant dans ses bras depuis l’enfance, comme une mère berce l’enfant qui croit naïvement qu’elle n’aura jamais de secret pour lui. Mais à force de marcher, je découvre l’étendue de mon ignorance : je ne sais nommer ni les fleurs fragiles qui tapissent les pentes, ni les bêtes furtives dont je croise à peine les traces. Chaque pas m’enfonce un peu plus dans l’émerveillement et l’humilité.
Après des années à gravir des sentiers escarpés, à traverser forêts profondes et cascades tumultueuses, chaque pas reste une rude épreuve. L’endurance forge la persévérance ; elle enseigne la confiance en soi et l’art de ne jamais renoncer. Car marcher, c’est apprendre à se taire pour mieux entendre le souffle du monde. C’est accepter que l’on n’arrivera jamais au bout du mystère, mais que c’est dans cette poursuite obstinée, presque vaine, que réside notre noblesse.
C’est ainsi que l’on s’enfonce plus loin dans les arcanes de la nature, pour tenter d’en percer, humblement, quelques secrets. Mais après chaque effort, chaque victoire éphémère sur la rocaille et le vertige, la nature nous rappelle à notre condition : elle ne se livre jamais tout entière. Elle garde ses lois, ses silences, ses profondeurs. Et lorsqu’enfin, exténué mais apaisé, on croit avoir touché du doigt l’essence des choses, elle nous sourit et reprend, doucement, le dernier mot.
Ainsi va la vie : nous posons un pied après l’autre, nous peinons, nous espérons, et la montagne demeure, impassible, témoin de nos modestes traversées.
ACALI D UNADI