04/06/2026
Jour 9 — Direction Ali Camp, dernier camp avant le Gondogoro La
Ce matin-là, le K2 s’est enfin montré. Comme un dernier cadeau avant la nuit la plus redoutée du trek.
Avec , nous quittons Concordia sous un ciel parfaitement dégagé. Après la grisaille de la veille, tout est là : le K2, le Broad Peak, les sommets autour de nous… Un décor immense, presque irréel, que j’essaie de capturer une dernière fois avant de reprendre la route.
Très vite, la journée prend une autre dimension.
Avant le départ, les porteurs se rassemblent pour prier et chanter, comme pour demander un passage sans encombre vers le Gondogoro La, ce col à plus de 5600 m qui nous attend depuis le début de l’aventure.
Puis deux hélicoptères de l’armée arrivent à Concordia. L’un vient rapatrier le corps de l’alpiniste décédée la veille. Le bruit des pales résonne dans toute la vallée. Difficile de ne pas y voir un rappel brutal : ici, même les plus expérimentés restent vulnérables.
Nous avançons ensuite sur le glacier, d’abord dans les pierriers pour éviter les crevasses, puis sur une glace blanche, lumineuse, traversée par des rivières de fonte et des fissures bleutées. C’est magnifique, mais aussi déroutant. À près de 5000 m, il fait presque doux au soleil. Bien loin de l’image glaciale que je m’étais faite d’un glacier au Pakistan.
Plus nous montons, plus l’altitude se fait sentir. Le mal de tête arrive, la respiration devient plus consciente, chaque pas demande un peu plus d’attention. À force de m’arrêter pour photographier, je me retrouve même seul un moment sur ce glacier immense. Un instant incroyable… mais aussi légèrement angoissant.
Après plus de 12 km et près de 500 m de dénivelé positif, nous atteignons Ali Camp.
Le dernier camp avant le col.
Là, la tension monte. Certains semblent déjà au bout d’eux-mêmes. Et dans nos têtes, une question tourne en boucle : Est-ce que tout le monde pourra passer ?
À 23 h, nous devons repartir.
De nuit.
Dans le froid.
Vers le Gondogoro La.
La vraie épreuve commence…