Vanité des vanités
Installation d'une planche contact géante incluant l’ensemble des photographies numériques réalisées par Claude Gouron depuis le 1er janvier 2003, ainsi que l'ensembles des diapositives archivées depuis... 1978. Vanité des vanités…
… 108 160 photos
Projet d’exposition photographique
Claude Gouron, photographe auteur,
52 rue Manuel 04400 Barcelonnette Tel : 04 92 81 15 77
E
-mail : [email protected]
… « ainsi je n’ai vu que ça, voilà où m’ont mené toute cette tension et toute cette gesticulation, à ces petits rectangles
24 X 36 qui souvent ne me disent plus rien. »…
extrait de Planches-contact in L’image fantôme
Hervé Guibert Editions de Minuit 1981
Le projet
Présenter l’ensemble des photographies réalisées par Claude Gouron depuis le 1er janvier 2003, date à laquelle il est passé de la prise de vues en argentique à celle du numérique. Ce corpus se matérialisera sous la forme d’une sorte de planche contact gigantesque composée de panneaux photographiques de 90cm de long par 60cm de haut comportant chacun 676 photographies de 24 x 36 mm. Au 1er janvier 2016, sachant que l’artiste a une production annuelle de clichés équivalant à environ 12 planches, on peut estimer le nombre de panneaux présentés à 160 environ, ce qui correspond à près de 110.000 clichés. Après cette date, de nouveaux panneaux, témoins de l’activité récente de Claude Gouron, viendront s’ajouter, l’exposition étant volontairement non finie. D’où vient cette idée folle d’exposer toutes vos images ? Claude Gouron : Depuis que j’ai commencé la photographie, au début des années 80, j’ai toujours tiré des planches contact, que ce soit en noir et blanc ou en couleur, comme le faisaient alors tous les photographes. C’était une nécessité technique : pouvoir lire les photographies en vue de leur choix. De plus, j’ai toujours été fasciné par les accumulations et cette accumulation de visuels était très particulière.
…. Qu’à changé le numérique à ce point de votre travail ? Claude Gouron : Avec l’avènement du numérique, collectionner, générer, trier ; tout est devenu plus facile et plus rapide. Cette accélération fait qu’aujourd’hui, face à une de mes planches, j’ai l’impression de voir le temps qui passe. Ce sentiment est provoqué par la succession de vibrations colorées, toutes liées à un thème et un moment particulier. Ce peut être le blanc de la montagne en hiver, le vert du début du printemps, le rouge des festivals de l’été …
…. N’est-il pas question ici aussi d’accumulation ? Claude Gouron : L’accumulation est au centre de ma problématique. Le monde dans lequel nous vivons nous étouffe sous une avalanche d’images. Il faut, si l’on veut se souvenir de certaines d’entre elles –et les comprendre- les extraire de ce maelström médiatique. Il en va de même dans mon exposition qui est évidemment autobiographique mais dans laquelle les visiteurs reconnaîtront inévitablement un moment, un lieu ou un visage. D’où l’idée de légender les photographies, ou du moins les planches : Festival de Jazz à Barcelonnette, Premier voyage au Ladakh, Découverte du Mucem… La multiplication des images conjuguée à l’uniformisation des modes de vie due au consumérisme fait que, en occident, chacun peut reconnaître ses propres souvenirs – réels ou imaginaires- dans ceux d’un seul individu.
…. Par son seul regard, le visiteur peut donc s’approprier une part de votre création. Mais peut-il aussi se l’approprier de façon marchande ? Claude Gouron : Oui et cela de façon « définitive » ! Toutes les planches sont à vendre, mais à seulement un exemplaire : un tirage original sur un support de qualité. Et à chaque fois qu’une planche est vendue, je détruis tous les fichiers correspondants. De cette façon, l’acquéreur se retrouve avec un objet véritablement unique tout en participant au geste artistique.
…. Mais en faisant cela vous détruisez progressivement votre travail. Pourquoi un tel acharnement ? Claude Gouron : Je ne me reconnais pas dans une société qui valorise à outrance la notion de conservation. Et en adoptant cette démarche, j’opère ce que je nomme un suicide photographique. Parce que cette exposition matérialise de façon plastique la richesse d’une vie – la mienne – et que parallèlement, au bout du compte, quoi que l’on fasse, tout disparaît. Memento mori
Photographe des grands espaces des Alpes à l’Himalaya et du calme de la nature, Claude Gouron s’aventure désormais dans des paysages mentaux autrement étranges. Accumulation linéaire d’images selon le principe implacable de la chronologie, suite logique d’images volées au temps qui passe, tout dans son travail exacerbe « … cette chose un peu terrible qu’il y a dans toute photographie : le retour du mort. » telle que la définissait Roland Barthes. Premier sentiment mélancolique lié « au cà-a-été », contrecarré immédiatement par un abandon à l’imaginaire provoqué par le nombre incalculable de vignettes colorées. A ce point de la contemplation, chaque spectateur choisi sa porte d’entrée : anecdotique, chromatique, formelle… et se perd dans ses propres abîmes. Comme il se perd devant les assemblages de Gilbert et Georges ou les Hyperphotos de Jean-François Rauzier. Mais à l’inverse de ses illustres prédécesseurs, Claude Gouron ne déforme ni n’enrichit ses clichés. Il livre des images brutes. Toutes ses images. Et, au travers de ce non choix, apparaît peu à peu la vie passée de l’artiste dans une sorte de vérité crue telle une nature morte inachevée. Et l’affaire ne s’arrête pas là. Car en détruisant les fichiers de chaque planche vendue, espérant ouvertement détruire l’ensemble des clichés de sa vie passée, l’artiste joue sur des détails où se dissimule l’essentiel. Il s’inscrit dans la tradition des peintres de vanités qui, du Caravage à James Hopkins et Damien Hirst, traitent inlassablement de l’inéluctabilité de la mort. Futilité des plaisirs, fragilité des biens matériels, impermanence de la beauté et de la richesse sont autant d’items cachés qui font de cette exposition une « peinture morale » qui ne cesse de répéter : Vanité des vanités, tout n’est que vanité. Hélène Vésian
Docteur en Histoire de l’Art
Timming
L’ambition du projet, tant du point de vue de sa conception (choix et principes d’exposition) que de sa mise en œuvre (scénographie, recherche de financements et de lieux d’expo), ajoutée à son importance formelle (160 planches de 0,90 m de large, soit un linéaire de 135m), oblige à travailler par étapes. Cinq temps ont ainsi étés déterminés, correspondant à quatre expositions fragmentaires originales, sortes de works in progress, permettant l’expérimentation, tout en présentant au public des ensembles cohérents qui, in fine, se retrouveront et s’articuleront pour constituer l’exposition finale. Vanité I : mai-juin 2016, Espace d’exposition du Club Nautique de Marseille, quai de Rive Neuve 13006 Marseille
Vanité II : décembre 2016, Espace culturel Leclerc Route des Fauvins 05000 Gap
Vanité III : 2017, lieu et date à préciser
Vanité IV : 2017, lieu et date à préciser
Vanité V : 2018, lieu et date à préciser
Vanité des vanités : 2018, exposition finale, lieu et date à préciser. Vanité I, 28 392 photos
Marseille mai - juin 2016
Cette exposition, première chronologiquement est aussi la première pierre sur laquelle sera bâtit l’ensemble du projet Vanité des vanités. Prémices d’un projet évolutif et vivant, elle aura aussi également valeur de test quand aux interactions entre le public, l’œuvre et l’artiste. Vanité I donnera à voir tous les clichés pris par Claude Gouron entre le 1er janvier 2003 et la mi-mai 2007. Corps de l’exposition : présentation de 42 planches
dimensions : 90cm X 60cm
format paysage, tirage en impression directe sur Forex
676 photos par planche, soit 28.392 photos. En addition :
1 tirage sur papier Fine art (impression à l’encre pérenne) d’une planche déjà acquise
tableaux d'accumulations photographiques
Médiation et signalétique :
1 « éventail » de présentation du projet global (matériau et dimensions à définir)
2 panneaux informatifs 90 cm X 60 cm (interview de l’artiste et commentaire de son œuvre)
cartels 90 cm X 20 cm permettant de légender les planches