17/08/2026
Après presque trois mois de canicule, après des semaines à regarder l’herbe jaunir, la terre craquer, les arbres souffrir, j’avais presque oublié ce bruit-là.
Oui, cette photo est une archive.
Un temps où le vert semblait aller de soi.
Les pâquerettes, les pissenlits, l’herbe grasse… tout ce petit monde qui poussait sans demander la permission.
Cet été pourtant, quelques fleurs ont continué à fleurir dans les massifs de la ville. Des fleurs de serre, plantées là puis arrosées la nuit par les services municipaux.
La nuit, parce que l’eau s’évapore moins, bien sûr.
Mais l’image reste étrange.
Pendant qu’on nous explique que l’eau devient un bien précieux, qu’il faut économiser chaque litre, accepter que les jardins jaunissent et que les pelouses et les jeunes arbres meurent, quelque part, dans le silence de la nuit, on continue d’arroser des fleurs pour que la ville reste jolie.
Aujourd’hui, enfin, il a plu.
Et je me demande si, dans les années qui viennent, nous ne devrons pas apprendre à trouver belle une ville où tout ne reste pas vert à n’importe quel prix, où tout ne reste pas joli à n'importe quel prix.
Aujourd’hui, enfin, il a plu.
Et pendant quelques heures,
elle a rendu le vert à mes mots.