16/10/2025
Lundi 1er septembre.
Je viens d’envoyer mes derniers mails, de rendre mes galeries, d’expédier les maquettes d’albums. Tout est enfin bouclé.
Je peux souffler.
Le mois d’août m’a épuisée, me laissant sur les rotules avec cette gastro qui m’a clouée pendant des semaines. Mais ce soir, enfin, je respire. C’est mon moment. Mon temps à moi, celui où je vais enfin profiter de ma fin de grossesse.
Mon seul objectif de la semaine : cocher les dernières cases de ma to-do list, et surtout commencer ma valise de maternité.
Il est 19h. Je décide de sortir Myrtille pour m’aérer l’esprit.
Sur le trottoir, je sens une douleur étrange, une tension qui tire doucement, comme un fil qu’on tend un peu trop fort. Je m’assois quelques minutes, persuadée que ce n’est rien — après tout, j’ai vu ma sage-femme ce matin. Puis je me relève. Mais quelques pas plus loin, marcher devient difficile.
Je suis au téléphone avec ma grand-mère lorsque la douleur m’écrase d’un coup.
Je m’assois sur un banc, et un cri m’échappe.
Ce n’est plus une gêne. C’est une déchirure.
Je comprends à cet instant que quelque chose se passe — quelque chose de grave.
Je raccroche, allongée tant bien que mal sur le banc, une main sur mon ventre, l’autre tenant la laisse de Myrtille. J’appelle mon conjoint. Il arrive vite. Très vite. Je me sens partir.
Il me soulève les jambes, tente de me rassurer, mais tout est flou.
On rentre à la maison. Je me dis que ça va passer. Que ce n’est qu’une douleur de grossesse un peu violente.
Mais je ne peux plus marcher.
Je n’arrive même plus à bouger.
Je le regarde et je dis :
— On part à la maternité. Maintenant.
Le trajet est interminable. La douleur me transperce, je perds presque connaissance.
À notre arrivée, je ne tiens plus debout. On m’apporte un fauteuil, on m’installe, on me fait patienter — trop longtemps à mon goût.
Puis l’échographie, le monitoring : le rythme cardiaque du bébé chute. L’agitation autour de moi devient palpable.