24/02/2022
[L’OBSERVATOIRE]
Plus de 1000m de dénivelé nous attendent. Nous montons, skis aux pieds dans l’espoir de toucher les étoiles la nuit prochaine. Je passe mon temps à scruter le ciel, à observer l’horizon. « Pourvu qu’il n’y ait aucun nuage » Le ciel bleu, hantise du photographe devient alors mon meilleur ami, la seule garantie d’une nuit d’exploration spatiale.
Nous arrivons après des heures d’une montée épuisante. Sur place, une lunette astronomique pointe sur le soleil. J’observe ses taches, ses éruptions qui me ramènent à des milliers de kilomètres de là, au nord du cercle polaire où tout ce que j’observe à travers la lunette se matérialisera en faisceaux lumineux verts qui illumineront le ciel nocturne du grand nord. L’univers est fascinant, qu’importe l’endroit d’où on l’observe.
En fin de journée, le ciel se voile d’épais nuages. L’observation n’est plus possible mais - comme si la Terre décidait elle-même du spectacle qu’elle allait nous offrir - c’est une autre forme de magie qui s’opère. La lumière embrase les plus hauts sommets, les regards se tournent vers le Mont Viso, majestueux. Le vent souffle fort en altitude, des nuages lenticulaires se forment et semblent devenir des sortes de montagnes inversées créant une symétrie poétique entre la Terre et le ciel.
L’obscurité de la nuit emporte dans son abîme les nuages en même temps que les dernières lueurs du jour. La voûte céleste dévoile déjà ses astres aux yeux humains mais ce soir c’est à plusieurs années lumières d’ici que nous partons voyager.
Les télescopes sont là, massifs. Ce sont des machines à remonter le temps et nous sommes, le temps d’une nuit des archéologues du ciel, fouillant religieusement les galaxies, nébuleuses, supernova. Cette nuit là nous avons vu des étoiles naître et d’autres mourir, le cycle de toute chose. L’univers est surpuissant d’énergie, démesuré, colossal et pourtant, à une échelle différente, nous lui ressemblons.