01/06/2026
Qui ? Eloïse BETEMPS BUTTARD psychologue de la prévention & chargée de projets en Prévention et Promotion de la Santé
Où ? Au bureau de la française Auvergne-Rhône-Alpes à Méry
Rien ne prédestinait Éloïse à travailler auprès des seniors. Dans ses études de psychologie, elle hésitait avec la médiation culturelle. C'est un parcours tout neuf – « master Prévention » – qui l'a attirée.
Treize ans plus t**d, elle anime la majorité de ses ateliers auprès du public senior dans la structure qui l'avait accueillie pour son stage d'études. « Ça a été une découverte, mais une belle découverte ! »
Elle conçoit et anime des actions de prévention : santé mentale, santé sensorielle, préparation à la retraite. Toujours par le concret, jamais par l'injonction. « On n'est vraiment pas sur un aspect thérapeutique. On est là pour sensibiliser, échanger, donner des alternatives, des outils. »
Ce qui l'anime ? « Le lien ! Le lien sur le terrain avec les participants, c'est vraiment ce qui me porte. » Les échanges avec les seniors, les déclics, leur transmission. Les voir repartir en se disant : « oui, je peux être encore acteur de ma santé. »
C'est d'ailleurs pour ça qu'elle préfère dire « mieux vieillir » plutôt que « bien vieillir » : « Il y a cette notion de performance dans le "bien". Mieux, c'est vraiment cet accompagnement dans une certaine qualité de vie, en fonction de sa propre perspective. »
Une nuance qui dit tout de sa posture : pas de modèle parfait, juste un chemin. À tout âge.
Sauf que la mobilisation, « ça peut être compliqué ». « On n'arrive pas toujours à toucher ceux qui en auraient le plus besoin… c'est très frustrant. » Alors elle mise sur les partenariats, les centres socioculturels notamment.
Le jour de notre rencontre, j'arrive dans son bureau. Blanc, épuré, peu de décoration. Pas évident. Alors on compose avec ce qu'on a : le kakémono rouge « Agir pour une santé solidaire », en écho aux valeurs mutualistes qu'Éloïse chérit. Et au premier plan, les cartes de photo-expression créées par l'équipe pour un atelier.
Ces cartes disent quelque chose d'elle : cette passion pour l'art qui l'a fait hésiter, au départ, entre psychologie et médiation culturelle. Cette envie de faire dialoguer l'image et le sens, l'émotion et la réflexion. Le rouge du kakémono, le rouge de son haut fleuri – cette couleur chaude traverse l'image.
J'ai eu la chance de travailler avec Éloïse sur le terrain. J'ai vu les participants réagir à sa présence, à son sourire, à sa gentillesse. Cette chaleur humaine, cette capacité à créer du lien, c'est exactement ce que j'ai voulu capter : les cartes tendues vers l'avant, comme une invitation. Son sourire franc et ouvert. Proposer des outils, sans imposer. Pour que chacun reste acteur de son propre chemin.