Voidopt Le bleu du ciel est si clair qu'on dirait un mince écran de papier plutôt qu'un espace infini.

À bientôt  , c'était chouette de te revoir pour la 4ème fois avec tous tes films et toutes les rencontres humaines que t...
08/02/2026

À bientôt , c'était chouette de te revoir pour la 4ème fois avec tous tes films et toutes les rencontres humaines que ton existence permet. C'est toujours fascinant de converser et d'écouter des existences portés par des désirs de cinéma. C'est chouette que le temps que tu crée, un temps bouillonnant de festival, permette de nous retrouver, ça fait tout plein de chaleur et de mouvement à l'intérieur 🙃


.jules
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Merci encore à  et  de m'avoir permis de pitcher ce projet devant autant de professionnel.le.s et de talents du cinéma. ...
30/01/2026

Merci encore à et de m'avoir permis de pitcher ce projet devant autant de professionnel.le.s et de talents du cinéma.
C'est toujours très chouette de partager une vision du monde et de découvrir que cette vision déclenche de l'enthousiasme et des désirs de travailler ensemble.
Merci également à qui est là depuis le début et qui a accompagné ce projet tout le long de l'année 2025 avec son atelier d'écriture Du Têtard au Triton ✍️🐸

Crédit photo

La flic a cherché le clochard un moment avant d’abandonner et de quitter la grange. Au volant de sa Citroën banalisée, g...
28/03/2025

La flic a cherché le clochard un moment avant d’abandonner et de quitter la grange. Au volant de sa Citroën banalisée, gyrophare d’urgence et sirène hurlante, roulant à toute vitesse sur l’autoroute, elle se demande. Le surmenage ? Non, elle avait fait de l’épuisement une sensation ordinaire, un bourdonnement léger dans sa vie. Le sevrage ? Ouais, peut-être, c’était logiquement le seul choix qui restait pour donner du sens à ce qui s’était passé dans cette grange. L’arrêt d’alcool brutalisait certainement son organisme, il modifiait sa perception en quelque chose qui ressemblait à cette activité de yoga où tous les participants se mettent à rire ensemble. Elle passe le reste de la journée à combattre la pulsion d’acheter une bouteille et de se trouver une maison abandonnée. Ça fait trois semaines maintenant qu’elle a ce sentiment d’être enveloppée par la nuit alors que le soleil éclate de lumière. Elle vérifie que son ombre est toujours là, elle est sûre qu’elle a disparu mais elle est pourtant là chaque fois qu’elle regarde le trottoir. Et quand elle ne regarde pas, elle s’entend penser, penser d’une voix qui lui ressemble, un peu. Elle se rend compte avec quelle facilité on peut tout lui enlever si on le décidait. Le vide est autour d’elle, et c’est selon son bon vouloir qu’elle peut encore marcher sur le trottoir, et non pas passer en dessous. Cette voix, elle n’a pas l’impression que c’est la sienne, mais si bien sûr que c’est la tienne. Ah bon ? Oui, je te l’assure… Et les participants de l’atelier yoga se remettent à rire tous ensemble dans la tête de la flic.

La flic monte sur un container, il y a de la paille. Ça sent le foin sec aplati par la poussière. La flic regarde autour...
24/03/2025

La flic monte sur un container, il y a de la paille. Ça sent le foin sec aplati par la poussière. La flic regarde autour d'elle. Il y a quelqu'un en dessous. C'est un mec, un clochard avec les cheveux longs et noir, il gémit. La flic lui dit de ne pas bouger. Il se retourne avec la vivacité d’un chien d’attaque, les yeux en alerte. Son expression est figée mais la fixité de son regard trahit aussi surement que s’il avait hurlé, l’épouvante qu’il subit. L'instinct de la flic est en vigilance extrême. Ça lui fait comme des piqûres de guêpes sur le dos. Le venin des insectes est froid sous sa peau. Elle flippe salement. Son instinct lui balance tous les contenus chimiques de survie que son corps est capable de produire, faut qu'elle dégage, qu'elle se barre. Les yeux du clochard restent fixés sur elle tandis qu’il commence à sourire, son rictus révèle une dentition épouvantable de crocs brisés. La flic serre la crosse de son flingue, le contact dans sa main, y a plus que cette tension pour la faire tenir debout, ça et le bruit de ses molaires contractées qui grincent dans sa tête. Le clochard place ses mains sous ses aisselles crasseuses, il courbe son dos sans lâcher la flic du regard.

-Montre tes mains, sors-les de ta… !

Le clochard commence à se griser, à fondre. Il semble se dissoudre dans l’air, et il n’y a plus rien.

-Pu*ain…

Quand est-ce que les urgentistes sont arrivés ? Il ne le sait pas exactement, y en a un qui lui demande de serrer sa mai...
19/03/2025

Quand est-ce que les urgentistes sont arrivés ? Il ne le sait pas exactement, y en a un qui lui demande de serrer sa main. Ça s’est passé il y a longtemps ? Quand il en vient à calculer, à chercher des moments-crochets pour savoir à quel moment la première charge de courant est arrivé, il n’est pas sûr. Normalement c’est comme ça qu’il s’y retrouve, il donne au temps la forme d’un mur hérissé de crochets et il escalade le mur à mains nues pour explorer le passé. Mais là, il n’arrive à rien, il a même du mal à savoir son âge. Ce foutu temps est différent maintenant, il s’est ramolli, le mur est mou, relâché comme un élastique distendu, m*rde… L’infirmier lui parle toujours, mais ses doigts sont en pierre. Il se voit sur le plancher avec le sèche-cheveux dans la main. Mais les urgentistes ne sont pas encore arrivés. Et les policiers photographient, d’autres font des relevés. Tout ça surgit dans sa tête comme des éclats de verre illuminés par le soleil. L’infirmier le pique avec une seringue, lui injecte un truc dans le bras. De l’adrénaline synthétique, comme dans ce documentaire sur Youtube qu’il a vu il y soixante-dix-sept jours. Tout s’éclaircit, le monde devient précis et fin comme les lames de cutter scotchées sous son bureau. Il est de retour au présent. Ses oreilles se débouchent, l’errant sort de son appartement, glaçant l’air sur son passage. Le brouhaha des discussions et le claquement des portières. La flic qui attend dehors capte le changement de température. Son instinct lui dit de suivre la trace de ce changement, hors de la maison, dans la nature. Ça l’amène à crapahuter dans le champ, jusqu'à la lisière. À passer entre les fourrés, les buissons d'épines. La toile de l'araignée bleue au dessus de sa tête. Le sentier jusqu'à une vieille grange. Derrière la porte en bois, dans un endroit isolé, rempli de souvenirs et de marques charbonneuses tracées dans l'obscurité des coins. On entrepose des choses anciennes dans des containers profonds et sombres, avant de refermer la porte.

La flic attend à l’extérieur. Les policiers sont dans la maison. Les urgentistes, dans sa chambre. C’est un accident. To...
13/03/2025

La flic attend à l’extérieur. Les policiers sont dans la maison. Les urgentistes, dans sa chambre. C’est un accident. Tout colle. Un accident comme les autres; bête, inattendu, mortel. Le courant électrique a traversé le corps, stoppé son coeur. Le papier aluminium dans le compteur. Le courant dans son corps. Spasmes électriques, spasmes électriques. Il s’est cogné la tête en tombant. Et ce foutu sèche-cheveux collé dans sa main. Le papier alu, c'est parce que le courant saute quand il branche le radiateur électrique. Chaque fois qu'il l’allume, c’est trop fort pour son compteur m*rdique. Paf ça saute. Paf l’obscurité, paf paf paf. T’avais froid mon vieux mais maintenant t’es cuit, tout cuit comme un poulet d’élevage. Dans son frigo, les médicaments; sur les meubles, les ordonnances de médecin. Mais dans le congélateur, il y a le carnet noir, avec des rendez-vous, des adresses, des numéros de téléphone. Tous ces trucs pour planifier, organiser, contacter. Et dans la couverture du carnet, oui, c’est là qu’il a mis la lettre. La lettre qui raconte cette manière qu’ont les pensées de surgir quand la lune est là, des pensées cinglées, et cette voix sans timbre qui palabre à l’intérieur de lui-même. Cette voix si semblable à la sienne qu’un psy dirait que c’est sa voix, celle de son subconscient ou une c*nnerie du genre. Mais il sait que c'est différent, il sait que les voix qui ressemblent à la sienne ne lui appartiennent pas, pas toujours. Ce sont plutôt celles des errants, souvent les plus dangereux. Ils s’accrochent aux cheveux comme des ronces sur un jeans, parfois ils chutent à l’intérieur de la tête et bousculent tout comme des oiseaux qui rentrent dans un appartement et tournoient, terrorisés, avant de ressortir par la fenêtre.

Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP IV                        Festival du court m...
11/03/2025

Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP IV

Festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Coup de ❤️

Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP III                        Festival du court ...
09/03/2025

Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP III

Festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Coup de ❤️



Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP II                        Festival du court m...
05/03/2025

Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP II

Festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Coup de ❤️gouelou


Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP I                        Festival du court mé...
28/02/2025

Liste colorée des univers filmiques vus durant Clermont Ferrand 2025. CHAP I

Festival du court métrage de Clermont-Ferrand

Coup de ❤️







Naomi Pacifique


ebb

Il prend la tête de Léon entre ses mains, il avance si près qu’il pourrait l’embrasser. Sa voix est froide, comme si une...
02/02/2025

Il prend la tête de Léon entre ses mains, il avance si près qu’il pourrait l’embrasser. Sa voix est froide, comme si une fosse d’obscurité le séparait de Léon, une fosse tellement profonde qu’aucune émotion humaine ne peut la franchir.

-Elle n’a pas mentionné qu'elle t’avait légué le bijou, noir sur blanc, le papier… le papier testament. Je venais te proposer un échange mais le tailleur au canif m’a devancé. J’aimerais que tu le retrouve, comme ça je te débarrasserais de la pierre de ton emm*rdeuse de mère et en échange… le chien n’aboiera plus.

-Vous… L'entendez ?
-Et comment. Alors ? Qu'en dis-tu ? Partenaire.

Il tend la main, ses doigts sont effilés comme des doigts de pianiste, ses ongles pointus comme des griffes de chat.

-Le chien se taira ? Pour toujours ?
-Pour toujours, serre la main mon mignon, serre la main qui t’offre le silence.

Léon serre la main de Jonas. Sa peau le brûle, il n’y a plus de chien dans le frigo, juste le crépitement du feu sur sa langue et dans ses yeux.

Léon décolle son visage lacéré du sol ensanglanté. D'autres foreuses parcourent son crâne, et d'autres embouteillages de...
28/01/2025

Léon décolle son visage lacéré du sol ensanglanté. D'autres foreuses parcourent son crâne, et d'autres embouteillages de viande et de sang. Je suis en vie, crie la partie gauche de son cerveau, je suis mort, répond la partie droite. Des vagues froides transforment sa pensée en fumée effilée par le vent. L'autre personne porte une soutane brune, elle chantonne, les mots n'existent plus mais Léon reconnaît le rythme... Alors, une angoisse remue derrière ses côtes, une angoisse épaisse comme une carcasse de porc, et glacée comme une chambre froide.

-J'en connais des tas tu sais, mais celle du chien… ha ha, hahaha !

Son rire ressemble aux rires enregistrés d’attractions foraines minables.

-Minable toi-même mon Léon, c'est pas gentil d'insulter celui qui sauve ta vie… Quoi que… si tu restes là à rêvasser... sûr que t’y crèveras sur ton carrelage. T'iras rejoindre ta folledingue de mère. Une éternité de réprimandes castratrices, je peux te l’assurer.

-Qui… êtes-vous ?
-On me donne bien des noms, mais tu peux m'appeler le navigateur, Jonas pour les amis.
-Qu’est-ce que vous… faites là ?

Il se lève, tendu comme un ressort de matelas, s’approche du visage de Léon. Jonas a des yeux fixes de poupée, il sent la poussière de grenier.

-Vaste question mon mignon, ta mère m'avait appelée avant sa mort. Un appel en tout bien tout honneur, croix de bois croix de fer. Je lui rendais service en échange de quoi elle m'offrait une pierre, un beau bijou qui a pour moi une valeur... sentimentale, mais!

Adresse

6 Place Michel-de-L'Hospital
Clermont-Ferrand
63000

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