01/10/2021
Un soir à L’Astrolab •1
Je marchais dans les rues à la recherche d’un nouveau regard sur le monde. C’était une sortie photo, la 1ère depuis bien longtemps. Elle devait m’emmener jusqu’au bout de la nuit. Il est bien de se perdre dans ces instants, marcher à l’instinct, guider par un éphémère à immortaliser. Le temps, lui, défile à travers l’objectif. Il se matérialise différemment, il n’est que couleur, réglages de l’appareil, soleil couchant sur les arcades.
Moi, je n’étais qu’un esprit, mais c’était avant que mon ventre ne me rappelle à la chair. Je passais une première fois devant un restaurant, regardant la terrasse et les gens. Ma timidité maladive me fit faire un autre tour avant d’enfin, pouvoir demander à m’y attabler. Je réussis à avoir la dernière tablée d’une réservation annulée et cela, je n’eus pas à le regretter.
Je me suis laissé porté par le service, enivré par les suggestions d’un sommelière avertie. J’ai goûté le Japon et la Loire, le Chili et le Rhône. J’ai pleuré avec le Tigre, me suis restructuré avec le Yuzu, avant qu’une trinité de chou finisse de m’achever.
Enfin, dans un soucis de paradis, il ne me resta que l’apothéose à aller chercher. Elle se trouva tout au fond de mon verre, au sommet du Mont Fuji. L’équilibre parfait d’un whisky qui s’évapore dans le souffle d’un ange et laisse derrière lui la force de son caractère.
Je restais encore un peu, profitant du ballet des fins et services, et repartis à ma virée nocturne Rochelaise.
En voici un souvenir, un après goût dans ce laboratoire des astres, ce voyage vers les étoiles,
À l’Astrolab.