17/11/2023
📕En 1976, les "Peluts" débutent leur grande aventure en pleine nature.📕
Un deuxième chapitre consacré aux hippies de la haute-vallée qui concrétisent enfin leur migration vers un autre monde.
Dès 1976, après trois années de préparation, de réflexions, d'expérimentations ainsi que d'apprentissages divers, le moment était venu de franchir le pas.
📕Un nouveau mode de vie :
Dans un premier temps, la famille Schoenacker avait porté son dévolu sur une installation avec sa famille, mais aussi accompagnée toutefois d'amis proches de leurs idées. Un Vie en communauté en découlait. Près de lodève (Hérault), les "Peluts Parigots" retrouvaient alors deux couples dont Gérard qui était l'initiateur du projet et étaient déjà installé en pleine nature.
Celui-ci avait fixé les objectifs principaux de ce nouveau mode de vie : naturisme et création d'un camping de ce type, exploitation des forêts du domaine ( champignons, fruits sauvages) potager alimentant la communauté (il était envisagé une capacité de dix couples).
Les visions de la vie en communauté semblaient presque idyllique. Nous nous retrouvions régulièrement en une espèce d'A.G., chacun avait son mot à dire même les enfants.
📕Les premières zones d'ombre :
Parfois cependant quand on va au fond des choses, des tensions apparaissent entre les divers protagonistes. Très rapidement des dissensions ont vu le jour avec des divergences sur tel ou telle problématique ou organisation du moment.
Une situation vieille comme le monde ou certains dotés d'un fort égo jouent les "Califes à la place du "Calife". Résultat, le groupe s'est scindé en deux : celui de Gérard D et celui de Claude t. Chaque camp argumentait au profit de sa "paroisse". Gérard Schoenacker, lui, avait philosophiquement une préférence pour l'autre Gérard et son esprit, disons, plus communautaire. Qui plus est, comme pour les autres sociétés, l'argent était le nerf de la guerre. En conséquence, la cohabitation devenant source de conflits, les groupes éclatèrent et celui de Gérard Schoenacker se mit en recherche d'un autre lieu de résidence.
📕Le giron limouxin :
Après avoir écumé, l'Ardèche, le Gard l'Hérault et les P.O., ils ont trouvé dans l'Aude la "métairie de Saint-Joulia, située à 2 km du village de La Serpent. Là, la petite équipe a trouvé un domaine vallonné (en friches) composé de forêt de feuillus et de bâtiments en ruine à 80%. La tâche semblait ardue mais l'élevage de chèvres, le potager et surtout le camping naturiste en pointe de mire, les néo ruraux ne manquaient pas d'entrain.
📕Le temps des désillusions :
En ce temps, Michel Delpech chantait : "on dirait que ça te gène de marcher dans la boue, on dirait que ça te gène de tirer avec nous". Un refrain qui allait comme un gant à certains de ces nouveaux exploitants agricole.
Le premier qui avait conservé un cabinet de Kinésithérapie, s'est aperçu que le travail de la terre lui abimait les mains. Puis au delà de cela, le retour à une vie "spartiate" loin d'un petit confort urbain diminuait les enthousiasme des premiers jours. D'autant plus que les problèmes récurrent d'argent de membres du groupe se faisaient jour.
En finalité, c'est la famille Schoenacker qui restait l'unique propriétaire du domaine à la Serpent. Les autres membres s'y était installés avec leurs caravanes.
📕Le témoignages des enfants :
"En une journée, je viens de perdre mon enfance" c'est le témoignage à la fois poignant et résonnée de Sylvie, l'une des deux filles de Gérard Schoenacker.
"En 76 j'ai 11ans, on habitait une grande maison confortable dans la région Parisienne, j'avais mes amis, mon école, ma ville. Lors du déménagement en juillet 76 c'est la canicule, le trajet en 2 CV parait interminable. A la Serpent, je me retrouve seule, entourée de champs et de montagnes. La do**he est un sceau percé, caché par un mur de ballots de paille. Nous avons fait un brutal retour plusieurs siècles en arrière. De plus, je rentre au collège et mes nouveaux camarades parlent une langue qui me parait étrangère.
Mon père retourne travailler à Paris trois jours par semaine ; comme j'aimerais pouvoir le suivre!
Cependant, aujourd'hui j'ai 47 ans, je suis sereine, mes parents m'ont éloigné du béton et ils ont bien fait."
Pour Marie-jo, cet exode a laissé des traces dans sa mémoire. "Une étape de vie douloureuse" qualifie-t-elle "le grand plongeon dans le milieu rural qui nous transforma presque sans transition en adulte."
Quand il lit les lettres de ses enfants, Gérard ne peut retenir ses larmes. "Je culpabilise encore aujourd'hui de ne pas avoir été assez présent".
Malgré tout, si ce bouleversement n'a pas été bien vaincu, surtout dans les premiers temps, Michel, le troisième de la fratrie garde à l'esprit une foule de souvenirs et de moments heureux : "Je me rappelle mon collège de Couiza et les milles activités qui ont bercé mon adolescence."
"Amateur de Neil Young et Bob Dylan, écouter "Harvest ou Hurricane" avec le soleil qui lentement se cachait derrière les Pyrénées revêtait une atmosphère des plus magique.
Légende 1 : Une adéquation parfaite entre les musiques Pop d'outre Atlantique et la nature du territoire.
Légende 2 : Une vie communautaire qui semblait paisible.