Histoires de points de vue

Histoires de points de vue Photographe amateure depuis presque une décennie, j’ose enfin partager mes créations!

Des humains batifolent tranquillement sur un rocher. Ils se pensent seuls au monde. Un joue avec un bâton, une grande ca...
14/08/2023

Des humains batifolent tranquillement sur un rocher. Ils se pensent seuls au monde. Un joue avec un bâton, une grande canne. Les autres admirent les étoffes richement décorées qui font l’objet de mil et un sujet de conversations.
Le bouquetin le plus altier de la forêt domine quant à lui son territoire du haut de la colline qui lui sert de promontoire. Derrière lui, neufs bâtons neufs s’érigent vers les cieux. Pas sept comme les sept nains pendus à une guirlande ni une comme la pauvre blanche esclavagisée. Non, ils semblent tous cloués à une étagère flottante. Etagère.
- Dans quel état j’erre ? s’interroge le bouquetin pensif. Qui sont ces êtres vils que je vois au loin, tout en bas dans la vallée ? Ça fait des lustres que je les observe.
Un ruban rouge est noué autour de chaque bout de bois. Le roi de la montagne se remémore avec douleur les amis de son troupeau tombés au combat. Les humains trichent. Ils ne se battent pas cornes à cornes. Ils sont pleutres et cruels avec leurs fusils à la main. Les détonations hantent encore douloureusement les montagnes tristes à jamais de ses animaux perdus. Les montagnes ont confié depuis fort longtemps au bouquetin le plus majestueux la protection de la si fragile faune. Ce dernier enragé et esseulé ne peut voir les humains en peinture. Alors ! Alors ! Alors ! dans un mouvement de colère et avec une force surhumaine, le puissant animal s’élance et lance les lances une à une. Elles se plantent instantanément dans le cœur des humains en contre-bas.
De ce mouvement de désespoir renaît l’espoir : les âmes de tous les animaux reviennent s’incarner et redonnent vie à chaque dépouille.

Sororité universelleUne jeune femme vacille dans les bras de sa sœur. Abasourdie et sous le choc, elle manque de s’évano...
13/08/2023

Sororité universelle
Une jeune femme vacille dans les bras de sa sœur. Abasourdie et sous le choc, elle manque de s’évanouir. La faible lueur des bougies et le lourd drapé de sa robe taille empire dissimulent encore bien son ventre arrondi par la grossesse. Sa sœur la regarde affectueusement et veille tendrement sur cette femme qui découvre l’embryon qui se développe en son sein.
« Je ne veux pas de tout ça », réussit-elle à balbutier. « Je traverserai les collines et les prairies, j’irai loin guidée par les tournesols. »
« Je connais le chemin, il est semé d’embûches. Je viens avec toi, je sais où trouver la bonne carte pour nous guider » répond sa sœur.
La jeune femme s’écrie : « Prends ta lanterne la plus fiable et allons ensemble à la rencontre de ce lion qui libèrera mes entrailles. »
Après de longues heures de marche effrénée, elles trouvent enfin où vit le lion salvateur. Une incantation plus t**d et l’animal majestueux délivre rapidement l’embryon qui s’envole en un beau papillon bleu.

A terre, écrasée comme un vulgaire mégot, comme un cadavre estropié parti en fumée, une douille gît. Elle aurait aimé co...
12/08/2023

A terre, écrasée comme un vulgaire mégot, comme un cadavre estropié parti en fumée, une douille gît. Elle aurait aimé comme épitaphe « c’est de la b***e » mais personne n’a pu l’entendre tant elle a été dégainée rapidement. Son cri furtif et subtil se casse les dents au sol.
- C’est bien ma veine ça ! heureusement, je n’ai pas de sang. Je suis même plutôt à sec. Finir esseulée ainsi. Je ne suis pas prête pour ça. Je tiens la tronche d’une canette de bière abandonnée à son triste sort, délaissée de tous.
La douille ergote. Elle se demande si elle a servi à tuer quelqu’un : règlement de compte, vengeance ou bien su***de ?
Elle soupire. Meurtrie d’avoir potentiellement aidé à liquider une personne, elle pleure. Les larmes coulent et ruissellent. Pourquoi ? Comment ? Quel sens toute cette violence a-t-elle ? La pauvre douille ne supporte pas la violence. Comment les humains peuvent-ils ainsi se détruire les uns les autres ? Tant de naïveté l’énerve en même temps que ses repères s’effondrent.
Alors : règlement de compte, vengeance ou bien su***de ?
Suicide…la b***e s’est auto-tirée.

Devenir danseuse étoile, intégrer un grand corps de b***et : voici l’objectif ultime du petit rat de l’opéra. Adulée sur...
31/07/2023

Devenir danseuse étoile, intégrer un grand corps de b***et : voici l’objectif ultime du petit rat de l’opéra. Adulée sur scène, elle devient ensuite invisible aux yeux des autres. Pour payer ses cours de b***et, elle passe le balai et ne fréquente pas le même genre de petits rats. Son tutu est de pierre et au musée, les visiteurs restent de marbre. Trois en homme en costumes s’extasient devant un immense tableau.
- Ça, c’est vraiment de l’art, s’exclament-ils à l’unisson.
- On sent bien toute la charge, la pénibilité de ce travail, glose l’un deux.
Un autre explique combien les émotions sont bien représentées sur l’œuvre d’art. Chacun y va de son analyse et s’autocongratule de ses bons sentiments. Chacun ergote en flattant son ego pour se faire mousser : eh oui, c’est qu’eux, ils pensent aux petites gens.
Ravis de leur petite personne, ils ne font aucunement attention à la danseuse balayeuse.
- Quelle bande d’hypocrites, ils font ceux-là ! ce qu’ils aiment, c’est se dédouaner en se donnant bonne conscience. Leurs certitudes nombrilistes relèvent du mépris.
Danser et nettoyer le musée abîme le corps de la b***erine. Ses articulations, ses pieds, ses muscles lui sont insupportablement douloureux. Ces mêmes pseudos amateurs d’art l’admirent quand elle revêt ses pointes puis l’ignorent lorsqu’elle nettoie. Ils étaient au spectacle hier soir. Maintenant, elle est invisible.
La jeune fille est bien triste. Balai à la main et exaspérée, la jeune fille s’approche furtivement et oups, tout ce petit monde est au sol ! un croche-patte, ça soulage.
- Oh, que je suis maladroite. Oups, désolée. Je n’ai vraiment pas fait exprès !, ajoute-t-elle sur un ton ironique avec un grand sourire mutin.

La noirceur a envahi le monde. Le ciel est noir, les nuages gris grondent et se répandent. Plus aucune source de lumière...
29/07/2023

La noirceur a envahi le monde. Le ciel est noir, les nuages gris grondent et se répandent. Plus aucune source de lumière ne peut traverser le fond des lacs et des océans. Le vent se lève et se déchaine brusquement. D’où vient cette soudaine atmosphère apocalyptique ? L’homme a déplacé des montagnes pour les faire siennes, il a vidé les carrières de pierre pour en ériger des sculptures à sa gloire, flattant ainsi son ego. Il s’est arrogé le droit de diriger l’eau en l’emprisonnant dans canaux et barrages ou bien en déviant le cours de fleuves et rivières. Il a asséché les marécages. Les forêts n’ont pas été épargnées non plus. Bah oui, faut bien gagner des terres pour cultiver et construire des logements.
La gloriole et la vanité ont remplacé le besoin de sécurité. Le dieu Dollar a vite conquis beaucoup de fidèles. Comme lobotomisés, ils se suivent avec leur attaché-case et leur chapeau haut de forme. Ce mimétisme annihile toute identité et donc existence. Ils dérivent dans des eaux troubles et glauques appâtés par le billet que tend l’hameçon. Ne sachant plus réfléchir, ils se jettent goulument sur ce dernier et finissent par mourir dans d’atroces souffrances.
Un autre pleure. Mi-homme, mi-vache, il se rend compte dans la douleur de ce qu’est être du bétail, d’être considéré comme un objet, un bien de consommation. Il cherche le la chaleur et le réconfort des autres vaches qui, elles, n’ont pas de tête. Il cherche la tendresse des vaches qu’il a exploitées. Les vaches ne sont pas vengeresses, elle l’accueille volontiers parmi elles.
Il se repend, il gémit porté par le désespoir qu’engendre sa prise de conscience et trouve une nouvelle famille.

Vogue pour le 14 juillet 2019 à Cluses
29/07/2023

Vogue pour le 14 juillet 2019 à Cluses

Chère Moi,Une simple silhouette, oui, une simple silhouette. Voilà comment nous étions pendant des années. Une ombre san...
24/07/2023

Chère Moi,
Une simple silhouette, oui, une simple silhouette. Voilà comment nous étions pendant des années. Une ombre sans contours ni forme et, qui sans mentir, revêtait chaque matin le masque du jour. Quelques jours à suivre une piste pour savoir si nous serions un sucre d’orge ou une pomme d’amour. C’est qu’il fallait choisir un éphémère clan.
Parfois, miettes de pain, nous faisions le pari de nous parer d’ocre rouge ou jaune selon ce que nous pensions qu’il était attendu. Comme une éternelle galipette, oui, c’est ça. Puis à dire vrai, une fois seules, le vide, un trou béant à la place du visage, un creux incommensurable dans le ventre, nous entamions la destruction à coup d’ongles ou autres objets. Une bougie pouvait bien faire l’affaire.
Les souterrains de notre absence d’existence nous ont menées loin dans les bas-fonds du néant, dans les tréfonds de l’irréel. La vie était comme un voyage d’aéroport en aéroport mais où l’on ne peut se poser.
Puis, venait le moment de se purifier, d’enlever le sale, la crasse immonde. Hop, chaque masque finissait pendu, accroché à une simple corde qui nous a tenté tant de fois. De la même consistance que la mousse, notre corps délabré nous échappait. Lacéré, brûlé, humilié, nous nous sommes détestées de ne point être. Clown triste, nous aurions voulu nous terrer dans un pot qui aurait permis de nous contenir quelques instants.
Jamais, je n’aurai cru que nous pourrions aller mieux. Alors, chère Moi, chérissons cette métamorphose. Alors, alors, j’écris cette lettre comme un témoignage de ce que nous avons traversé et te demande pardon. Dorénavant, nous ne faisons qu’une !

Raou le mini lion trône sur un trône aussi démesuré qu’orangé. Comme il n’a pas grand-chose à faire et que c’est trop le...
23/07/2023

Raou le mini lion trône sur un trône aussi démesuré qu’orangé. Comme il n’a pas grand-chose à faire et que c’est trop le cagnard dehors, il se met à deviser autour de photos qu’il a vues dans les journaux. Bah oui, quoi qu’il en dise, il ne sait pas lire. Il se souvient d’un article expliquant comment faire marcher son chien en laisse et rit pour lui-même :
- Qu’il est ridicule ce cabot ! et en plus, il a l’air vachement content. Vachement content, je dirai « chiennement » content. Tout ça pour un petit su-sucre.
Raou le mini lion préfère la lumière subtile de la Lune qui ne nécessite ni parasol ni « paralune » d’ailleurs. Il a entendu un jour un paon dire que les humains ont marché sur l’astre diaphane.
Il soupire :
- Ah, peut-être serais-je le premier félidé à poser ses royales patounes sur la Lune…
Il se perd dans ses pensées en réfléchissant à la construction d’un escalier spatial spécial. Ses pérégrinations tournent autour du choix des matériaux, de formes, du nombre de marches nécessaires. Sur quoi reposerait cet escalier ?
- Hum, les étoiles feraient de bons appuis ! oui, je vais faire ça. Je porterai mes plus beaux chaussons de danse comme ça, ça fera une jolie musique.
Il semble bien que Raou le mini lion ignore que les sons ne se propage pas dans l’espace. Je crois que c’est le dernier de ses soucis.
- Bon, valise ou pas valise ? J’y mettrais quoi dedans de toute façon ?
Raou regarde par la fenêtre et voit qu’il pleut fort et que des personnes indescriptibles attendent le bus et sont trempés jusqu’aux os. Il décide alors d’aller conquérir une autre fois la galaxie parce qu’en fait Raou le mini lion, c’est Pompon le chat de salon !

Derrière ses persiennes, la petite fenotte ôte sa salopette en une simple pirouette. À cloche-pied, elle se déplace. Les...
17/07/2023

Derrière ses persiennes, la petite fenotte ôte sa salopette en une simple pirouette. À cloche-pied, elle se déplace. Les esthètes s’en mettent plein les mirettes en regardant la jolie mistinguette. Saperlipopette, son miron passe devant le fenêtre camouflant le gourmand spectacle.
Cachés dans les traboules ou dans l’escalier à colimaçon, poulbots et autres gones lâchent une onomatopée de frustration. Les rouages de la séduction de la petite canaille Mirabelle sont à leur apogée. Ses seins en formes de macaron affolent les badauds. C’est une belle de nuit mais ne la prenez pas pour une gourgandine. Un peu pimbêche parfois, Mirabelle aime les papillons dans le ventre et les balbutiements de l’amour. Sachez qu’elle ne saurait se contenter d’un ersatz d’aventure.
Parfois, elle joue à la marelle ou aux osselets qui sera l’heureux élu pour quelques heures d’un fugace bonheur. Voilà qui ne ressemble en rien à la scolastique! Les soupirants éconduits et jaloux se lancent des cailloux. Son cœur est comme un parapente: il aime les montagnes russes. Elle se rit des hommes à s’en décrocher les zygomatiques.
Le charivari et le tohubohu qu’elle suscite l’excite et peuvent la rendre dédaigneuse. C’est qu’elle sait qu’elle ne compte ni pour des cacahuètes ni pour des clopinettes. Son visage de nénuphar poupin éclaire le monde tel un edelweiss décore les vallons.
Elle sort sur sa coursive habillée de quelques froufrous seulement pour arroser lotus, cucurbitacées et agapanthes. Un son de cornemuse résonne au loin. c’est encore Ornicar qui veut en vain lui conter fleurette.
“il a une tête entre ornithorynque et Gargantua!”, souffle la jolie demoiselle.
Elle rentre enfin lancer quelques runes pour l’aider à savoir qui lui fera passer une bonne nuit. Ce soir, ce sera Jérémy.

La fourmi catapulte le lama comme une courgette foncée. Celui-ci atterrit en une chaleureuse dans lui permettant de reto...
15/07/2023

La fourmi catapulte le lama comme une courgette foncée. Celui-ci atterrit en une chaleureuse dans lui permettant de retomber sur ses pattes. Telle une statue, il ne sombre pas, reste de marbre et se rattrape à un chandelier fleuri. La fourmi rit de ce spectacle et s’amuse de son idée incongrue comme une gourde bigarrée. Elle a plus d’un tour dans son sac à main et plus d’une feuille à son pupitre sachez-le!
- La magie du cinéma pourrait ralentir la scène, pense le charmant gardien artiste de son état.
Il continue en se demandant si il a déjà vu une chose pareille. Il arrive à la conclusion que c’est une grande première.
La fourmi, toute minuscule qu’elle est, est fière de son exploit!
- À-t-on déjà assisté à un tel phénomène?je ne pense pas, lance-t-elle à la cantonade.
Le chandelier fleuri tombe et entraîne dans sa chute le guéridon sur lequel il était posé. Le plancher s’enflamme. l’insecte se dit que ça sent le roussi et qu’il a chaud à ses six petites pattes. Ce dernier commence à avoir peur. Plus de fanfaronnade! Adieu veaux, vaches, cochons! Les flammes l’entourent. La fourmi tremble quand soudain le lama revient. Il crache encore et encore. Tant et si bien qu’il éteint l’incendie sauvant ainsi celle qui lui avait causé des ennuis.
- Vois-tu, je ne suis point rancunier. Je ne t’en veux pas mais que cela te serve de leçon. On ne peut faire de mal impunément, conclut sagement le grand animal baveur.

09/07/2023

La déesse Terre est un pendule dont les chaînes habillent le cosmos de liens dorés. Gaïa est amoureuse : elle a comme de...
08/07/2023

La déesse Terre est un pendule dont les chaînes habillent le cosmos de liens dorés. Gaïa est amoureuse : elle a comme des paillons dans le ventre. Elle a soif d’absolu. Telle une colombe de la paix, la déesse rabat les cartes de la liberté. Point de stratagème, le rire est le ciment de sa jolie personnalité.
- Tourne, tourne, petit pendule. Adopte la posture qui t’anime ardemment. Imagine cet énorme amour. Il ne s’embarrasse pas de règles encombrantes comme le fait dame Orthographe. Dès le départ, cette dernière veut tout cloisonner comme on transvase le vin dans une amphore. L’amour est tel le malin renard, il n’a cure des dictats qui l’agacent au plus haut point.
Eole est l’amant de Gaïa et ensemble, ils goûtent les parfums de la vie et jouissent de ses divines délices. Eole souffle et Gaïa tourne. De leurs amours naissent le jour et la nuit. Les saisons prennent racine dans leurs étreintes fougueuses. Parfois, c’est la tempête entre eux. D’autres fois, le calme plat ; le moral à marrée basse. Maintenant que vous connaissez l’origine de toutes choses, vous n’avez plus d’excuse. Mais le halo rose de l’atmosphère tire sa révérence. Les paillettes ne sont plus. La joie non plus. Les hommes ont tout détruit ; décidément on ne peut rien leur confier…

Adresse

Lyon

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Histoires de points de vue publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Partager