13/04/2026
Procès-verbal d'une séance du conseil municipal de Marignane datée du 8 avril 1920. Il relate le discours du Maire concernant le projet de création d'un "Aéro-Port" (l'actuel aéroport de Marseille-Provence). L'argumentaire principal repose sur un compromis : la cession de 200 hectares de terres agricoles contre la garantie d'une adduction d'eau douce pour l'irrigation, transformant ainsi la commune en "jardin marseillais".
Transcription du texte
Séance du 8 avril 1920 (7h soir)
Présents : Tous les membres
Création d'un Aéro-Port à Marignane
Monsieur le Maire donne lecture au Conseil de la lettre qu'il a reçue de Monsieur le Préfet sur le projet de création d'un Aéro-Port Marseillais, et donne ensuite un complément d'explications comme délégué à la réunion mixte de la Préfecture. Il fait ressortir tous les avantages que nous aurons dans le pays par la création de cet Aéro-Port, soit au point de vue commercial et industriel, mais le point principal pour nous, agriculteurs, c'est l'adduction d'eau dont la commune bénéficiera pour l'irrigation des terrains restants qui obtiendront de ce fait une plus-value considérable. Vous pourrez créer, alors que vous êtes le jardin marseillais, tandis qu'aujourd'hui, bien des fois nos canaux sont à sec. Avec l'eau vous aurez la richesse et, avec moins de terres vous aurez plus de bénéfices.
Faites donc, Messieurs, un sacrifice sur la vente de vos parcelles de terrains ; nous ne pouvons obtenir du Génie qu'une somme de deux millions pour les deux cents hectares que l'on nous demande. Vous savez aussi bien que moi qu'il faut, au début d'un commerce ou d'une industrie faire des sacrifices, mais plus t**d vous en récolterez les fruits pour la prospérité de notre ville.
Je termine, mes amis ; inutile de vous en dire davantage. Tout dépend de vous et de trois cent vingt propriétaires ayant des parcelles de terre dans ce quartier. La tâche est ardue pour moi, car il faut que je donne un résultat dans une vingtaine de jours. Cependant, avant de nous séparer comme j'ai l'habitude de laisser à chacun sa liberté d'action, je vous demande par bulletin secret si oui ou non vous êtes partisans pour cet aéro-port. S'il y en a parmi vous qui y soient opposés vous n'aurez qu'à déposer un bulletin blanc.