24/01/2021
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Varanasi..
5h10....
Si peu, avant que l'astre solaire ne laisse entrevoir un premier rayon au dessus de cette ligne d'horizon que je connais si bien.. Que j'ai tant aimé scruter chaque matin, le voir poindre et étaler sur ces longues étendues de sable gris, sa lumière, emplie de chaleur, et synonyme d'éveil, de retour à la vie, et d'éternel recommencement, tel le cycle des réincarnations, si présent dans l'Hindouisme. Ce cycle est censé prendre son terme lorsqu'un défunt a la chance d'être incinéré dans la Ville sainte, Varanasi, et ses cendres dispersées dans le Gange, la plus sainte des 7 rivières sacrées de l'Inde. Le défunt atteint alors la "Moksha" (la libération finale de l'âme).
Ce matin là, je retrouve Shiv Ji Tiwari, ce Sadhû rencontré il y a maintenant 7 ans, avec qui j'ai vraiment une amitié réelle, un lien très particulier. Puissant. Durant ces 7 années, nous nous sommes retrouvés, lors de chacun de mes reportages annuels. J'ai constitué une collection d'images conséquente avec lui, des vidéos également. Deux années consécutives, nous sommes même partis ensembles en pèlerinage dans certains lieux cultes de l'hindouisme, et l'année dernière, j'ai eu la chance de partir au fin fond de l'État du Bihar, à ses côtés, afin de rencontrer sa famille, dans la maison de fortune où il a grandi, sur SES terres, alors que ses propres frères ne l'avaient pas vu depuis 20 ans, et le croyaient même mort... La visite du village fut intense et bouleversante à la fois.
Je travaille actuellement à l'élaboration d'un livre à propos de lui.
Il est l'incarnation de l'amour profond, viscéral, que je voue à l'Inde et l'Hindouisme.. Il me manque énormément, et chaque jour j'ai une pensée pour lui..
L'inquiétude prédomine, avec ce satané Covid, d'une part, et bien entendu du fait de son âge avancé... J'espère pouvoir retourner au plus vite sur place, et le rencontrer de nouveau, avec ce futur ouvrage en guise de présent.
Bien à vous,
Maxime Nourry