Né en 1975 à Paris, il étudie la photographie de manière autodidacte. Son enfance il la vit dans une quête de ses racines. Sa mère l’abandonne lors de ses neuf mois avec son frère, âgé dix-huit mois, dans une famille d’accueil. On lui enseigne alors les travaux de la ferme, de maraîchage, et l’abattage de volailles dans une éducation stricte, caché du monde extérieur. Seules, la maison et l’école
sont autorisées, comme lieux de vie. Heureusement il peut compter sur son voisin qui deviendra son ami et frère de cœur Raphaël. Avec lui il va vivre toutes ses aventures d’enfants et il sera aussi le témoin d’une vie mouvementée. Sans papier officiel d’adoption, ils ont interdiction de sortir. Une bataille de paperasse que sa tutrice mène tant bien que mal pendant plusieurs années mais en vain. C’est seulement à l’âge de 17 ans que son émancipation voit le jour. Suite à un homicide à deux pas de leur ferme, une enquête policière se met en route. Un haut gradé, se prend de sympathie pour eux et va résoudre leur problèmes de papiers et de tribunaux . En quelques jours, cette situation leur permet de récupérer leurs droits grâce ce fameux papier rose : un symbole de liberté. I/ Son inspiration
Elle démarre par les visites successives de sa marraine, Maithé, photographe à ses heures et qui réalise ses propres développements. A l’étage du mas où se tenait son appartement, il se rappelle : « Je me souviens y monter en cachette fouiner, et observer tout son matériel photo je trouvais ça déjà fascinant entre les centaines de disques que j’écoutais quand j’étais puni et son univers photos j’étais l’enfant le plus heureux dans mon havre de paix... »
Et ma deuxième inspiration et pas des moindres, Isabelle formidable artiste qui venait de faire ses études aux beaux-art de Perpignan. Avec elle, c’était un luxe de pouvoir par exemple : « prendre le bus, surtout un mercredi, pour visionner le film Le grand bleu, et d’écouter ensuite la bande originale sur mon walkman en boucle du matin au soir … ». Elle lui développe ces envies artistiques dans le travail de compositions « tes dessins sur tes cahiers, tes lettres gothiques, nos masques de plâtre, tes dessins à l’encre de Chine… Ses coups de crayon qui pour moi étaient magiques, assis à ses côtés subjugués par son univers créatif »
2/ Son envol
Une fois sa carte d’identité obtenue il décide de prendre son envol, entre découverte amoureuse et études . Son début de vie d’adulte, et à peine majeur, est rythmé aux sons musicaux dans les lieux branchés des nuits catalanes. Il débute comme plongeur et aboutit directeur et DJ d’un bar réputé des nuits toulousaines « de belles rencontres comme une évidence y verront le jour »
3/ La quête
Cependant, il a toujours sa mère en tête avec toutes les questions identitaires que cela comporte. Pendant cette période, il n’y a qu’elle. Ce qui l’amène à une phase de solitude. Il accentue donc ses recherches comme une obsession via les réseaux sociaux et sites divers. Grâce à une rencontre improbable mais liée à son frère, l’espoir renaît. Le premier contact téléphonique avec sa mère, qui appréhendait sûrement, vu les 38 ans de séparation, se passe de manière plutôt brève : 3 mots. Quelques mois plus t**d, enfin le contact est rétabli et pour de bon cette fois. Après de nombreux échanges téléphoniques, son instinct lui dicte d’aller à sa rencontre. Aidé de sa compagne, il prend un billet d’avion direction l’Allemagne. L’adrénaline est à son comble malgré son inquiétude sur la fragilité de son cœur gravement malade. « Je vis mon rêve : voir son visage pour la première fois, savoir pourquoi, lui pardonner, et savourer sa présence »
4/ La rencontre
Une ultime aventure semée d’embûches, entre l’attente interminable du terminal d’aéroport et les diverses galères de transports pour atteindre son but. L’émotion à fleur de peau, le moment tant attendu, est là devant cette porte d’immeuble aux murs décrépis. Chaque image de son parcours est capturée à travers son objectif. Et une fois, l’ouverture sur son passé ouverte en grand, ses deux êtres liés par le sang, se retrouvent enfin. Quatre jours, à tout se raconter, en rattrapant le temps, toutes ses questions, ses pourquoi, ses rancœurs, ses angoisses mais aussi et surtout cet amour tapi depuis l’enfance. Quatre jours, qui sont les premiers et les derniers de ses retrouvailles tant désirés. Vivre intensément le moment présent est une leçon que Rodrigue met à profit pendant ces quatre jours qui bouleverseront à jamais sa vie.
5/ Le verdict
A son retour, il visionne ces quelques instants pris sur le fait. Ce constat accentue ses premières intuitions, la photographie fera désormais partie de son quotidien. Par la suite, la rencontre avec Thérèse Massot déléguée régionale du mérite et du dévouement français, des arts-sciences et lettres, également artiste peintre et sculpteur dont Rodrigue pose en tant que modèle, accentue son goût déjà prononcé pour l’art. Elle en a fait une sculpture en bronze, une de ses plus imposantes pièces, bientôt en exposition. Grâce à sa rencontre avec l’organisatrice, Naty Dunkan, il participe à l’hommage aux victimes du 13 novembre, une exposition intitulée « Pour ne pas oublier ! » qui a démarrer le 17 février à Perpignan. Cette exposition est itinérante, elle se propage dans d’autres villes en espérant finir à Paris le 13 novembre 2016. Une œuvre photographique de l’artiste y est visible, sous la thématique des couleurs de la République intitulée
Photo expo hommage victime des attentats du 13 Novembre 2015,organisratrice de l'exposition: Naty Dukan
Photo hommage victime des attentats du 13 Novembre 2015,organisratrice de l’exposition: Naty Dukan
Texte
Elisabet Porcher