31/03/2026
Août 1994 : immense incendie dans la région de Porto-Vecchio. Près de 14.000 hectares ravagés par les flammes. Un brasier, alimenté par un vent fort et une canicule persistante, a causé un dommage écologique majeur dans le sud de l'île où 12.000 hectares sont partis en fumée. Malgré l'envoi de renforts nationaux, les professionnels du tourisme dénoncent le manque de moyens.
Publié le 16 août 1994. De notre correspondant :
Epargnée en juillet par le fléau saisonnier des incendies, la Corse a été ravagée en une semaine par un brasier aux conséquences catastrophiques. Aujourd'hui contenu avec l'appui des moyens aériens et terrestres venus du continent, le feu, qui a surpris par sa violence et sa ténacité, a détruit 14.000 hectares de maquis et de forêt en six jours; l'extrême sud de l'île, dans un triangle Porto-Vecchio-Bonifacio-Sartène, a payé le plus lourd tribut avec 12.000 hectares. En Haute-Corse, 1.200 hectares « seulement » ont été la proie des flammes dans la région de Bastia et de Saint-Florent.
Comme chaque année après un grave sinistre, les mêmes questions reviennent: qui sont les responsables de ces feux criminels - une femme a trouvé la mort près de Bonifacio en fuyant le brasier - ; les moyens mis en place sont-ils suffisants ?
Alors que redémarre cette traditionnelle polémique, la Corse panse ses plaies. La chaleur caniculaire qui a desséché le maquis et les vents tourbillonnants, particulièrement violents dans le secteur de Bonifacio, ont rendu la tâche des sauveteurs très difficile, d'autant que les conditions météorologiques entravaient l'efficacité aérienne. La catastrophe n'est pas seulement écologique, elle est aussi humaine - des fermes et des habitations carbonisées, des villages privés d'eau et de téléphone - et économique. Des milliers de campeurs séjournant dans le sud ont dû, au plus fort de la saison touristique, être évacués et rassemblés dans des gymnases.