26/06/2026
Voyage au pays des lucioles : I. Ce que la nuit rêv'ailes... (autoportrait test)
Dernières semaines : commençons par la fin.
22 h 30, dans la nuit naissante, les premières lucioles divaguent dans ce qui semble une chorégraphie lumineuse aléatoire, ou une cérémonie aérienne pointilliste.
« Celle-là, c'est Georgette, je la reconnais. Et celle-ci, Pierette.
- Tu les connais toutes ? Et elles font toutes un signal lumineux différent en morse, c'est ça ?
- Oui... et elles ont toutes un prénom en « ette ».
- Chouette !... … et tu connais combien de prénoms en « ette » ?
- … pas beaucoup. Je ne sais pas dans quoi je me suis embarqué ! »
Le maire d'Aiglun, un maire pas comme bien d'autres.
Un personnage atypique et engagé, réélu, qui mériterait je pense, du peu que j'ai eu l'occasion de discuter, d'être mieux connu et davantage soutenu. (Et oui : un maire que l'on peut possiblement, si les amorces convergent, rapidement tutoyer.)
La première fois que je me souviens avoir vu une luciole, c'était il y a deux ans. (Mon texte était encore plus super long alors je vous raconterai finalement ça dans une autre publication.) J'ai eu du mal à comprendre ce que je voyais...
… Ici plus aucun doute. Ce sont elles que nous sommes passés voir sur le retour, dans ces vallées encaissées aux allures des paysages de Princesse Mononoke. C'est vous, lanternes itinérantes, qui éclairez ce soir la noirceur de mes nuits blanches.
Test : je ne pensais pas forcément être capable de rester 5 minutes immobile, même dans une position confortable. Une expérience curieuse, emplie des pas des animaux, là-autour. (Vont-ils, par curiosité, s'approcher assez pour que je puisse les identifier sans bouger ?) Du vrombissement des moustiques et de quelques piqures. Du Tout décuplé. Cette image est bien une seule photo d'un peu plus de 300 s de pose... Théoriquement un premier test avant de détacher les cheveux, de me placer mieux, d'attendre le moment propice où les lucioles seront plus nombreuses dans cet axe. Mais il n'y en aura finalement pas d'autre exploitable : je retiens donc ce portrait que la complexité de la réalité me permet quand même un peu d'apprécier pour le souvenir. Un jour peut-être, je reviendrai au pays des lucioles, réessayer...
(… Parcourir le chemin du retour sans frontale jusqu'au village. Revenir. Le faire plusieurs fois. Au bout d'un moment, les pieds et les yeux s'habituent, reconnaissent les obstacles, les détours, les pierres, les marches pavées. Voir les fées lumineuse clignoter ici et là, en lévitation. Emerveillement. Sentir la fatigue peu à peu gagner : l'épuisement avoir raison de la concentration. Vouloir malgré tout pousser l'expérience sensorielle nocturne jusqu'au bout : ne pas allumer. D'un coup, le sentier se dérobe, un genou et une main heurtent le sol calcaire. Bah, il n'y avait pas un bout de sol à la place de la pente, là ? Se redresser, penaude. S'épousseter en repartant. Reconnaitre sous les doigts la texture poisseuse du sang : ah ? Se sentir comme un gamin qui, fonçant, se casse la gu**le dans la cour de récré, et se relève en reprenant sa course. Euphorique.)
Copyright : Ambre de l'AlPe