22/05/2026
« Grandir ne devrait pas signifier perdre ce qui nous faisait vibrer. »
Avec les années, quelque chose change. Pas brutalement… mais doucement, presque silencieusement.
Les émotions s’adoucissent, les élans se mesurent, et l’insouciance laisse place à la conscience.
Mais au fond de nous, il reste une trace, un éclat, une mémoire vive de ces premiers émois.
Ce texte est une réflexion sur le temps qui passe… et sur ce défi discret : rester vivant, malgré les années.
🖋️ Poème : Aux Premiers Émois, entre Jeunesse et Insouciance
Plus on avance en âge et plus tout s’émousse,
Notre cœur, effleuré, perd ses grands élans,
Et l’insouciance douce, où nulle ombre ne pousse,
Se voile sous le poids des années, lentement.
Ce n’est pas qu’elle meurt, cette enfance légère,
Mais sa clarté s’efface en ombres éphémères.
À seize ou dix-sept ans, tout éclot en prémices :
Voyages, premiers pas dans l’oubli des leçons,
Première fête osée, rebelle et complice,
Premier amour brûlant qui rythme la saison.
Chaque instant est nouveau, pur et incandescent,
Comme un rêve absolu, un feu étourdissant.
La vie, alors, nous porte en des monts enchantés,
Sans écorcher la peau, le cœur reste intact,
L’avenir se dessine en soleils enchantés,
Et l’aube ouvre ses bras sans la moindre attaque.
Tout est neuf, exaltant, joyeux et sans retour,
Un ascenseur d’émoi aux mille détours.
Dans cette douce ivresse où le monde est beau,
Se loge l’espérance, l’ardeur d’une étreinte,
Et l’âme épanouie, sans nul poids, sans fardeau,
Déborde en mille chants, sans crainte et sans feinte.
Le corps, léger, se grise aux heures du matin,
Le cœur, en mille éclats, ignore le chagrin.
Mais, au fil des saisons, le temps nous apprivoise,
L’enthousiasme effronté s’effrite lentement,
Les rires, autrefois, jaillissaient comme un oiseau,
Et les pleurs étaient doux, légers comme un vent.
Vieillir, c’est résister face aux jugements vains,
C’est lutter pour garder l’élan dans nos mains.
Que reste-t-il alors des premières lueurs ?
Une flamme vacillante, un élan à sauver,
Dans ce monde figé où règnent les rancœurs,
Lutter pour retenir l’espoir sans se briser.
Car la vie nous érode, et l’âme, accablée,
Cherche encore un éclat de lumière envolée.
Je rêve de garder ce regard innocent,
D’éviter le cynisme ou le sombre mépris,
Rester ce doux enfant, insouciant, frémissant,
Qui, face à chaque instant, d’amour se nourrit.
En préservant, coûte que coûte, en dépit du chemin,
La curiosité tendre aux reflets opalins.
Ainsi, vieillir serait un défi éternel,
À la recherche d’un enthousiasme égaré,
Pour que l’âme s’éveille encore, se rappelle
Des printemps enflammés où rien n’était glacé.
L’espoir, comme un rayon, se veut ainsi tenace,
Et d’un souffle embaumé repousse la menace.
📌 Inspiré par une interview de Gilles Lellouche dans l’émission Hot Ones (11/10/2024)
📅 11 novembre 2024
Stéphane Dufays
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