15/04/2026
OLIVIER DEBRÉ — Tout vert, taches violette, 1986
Un vert posé d’un seul souffle, large, continu, presque sans rupture, comme une étendue tenue, fragile, en équilibre. La matière se laisse voir. Elle glisse, elle s’étire, elle garde la mémoire du geste, ces passages où le pinceau a frôlé la toile, où la couleur s’est déposée sans s’alourdir.
Sur les bords, quelque chose affleure. Des irruptions ténues, violet, jaune, un peu de rouge, comme si la peinture, en se retenant, laissait malgré elle apparaître ce qui la traverse. Rien n’est central. Tout se joue à la périphérie, dans ces zones incertaines où le vert se fissure à peine.
Chez Olivier Debré, la toile devient un champ sensible, un espace où le regard s’approche, où il perçoit les variations infimes, les souffles retenus, les tensions discrètes. C’est un vert habité. Un vert qui contient d’autres couleurs, d’autres élans, mais qui choisit de rester, là, dans cette retenue silencieuse
Olivier Debré
Tout vert, taches violette et 1986
Huile signée, sur toile
Titrée et datée au verso
113,7 × 161,5 cm (44,76 × 63,58 in)
Collection privée, France