29/05/2025
Je le dis souvent en séance: On oublie…. Qu’ils ont été si petits. On oublie les maux de la grossesse, les douleurs de l’accouchement, les difficultés des premiers temps avec ce nouveau corps, cette nouvelle identité et ces nouvelles habitudes. On oublie chaque nouveauté qui nous animait de fierté, de rires… tout devient notre normalité. On oublie parce que c’est du bonheur !
Quand une grossesse s’arrête trop tôt, on n’oublie pas. La douleur physique de la perte, le deuil du bébé qu’on n’a pas eu, la date où il aurait du naître, la date où on l’a perdu… dans quelques jours, ça fera un an que ma deuxième grossesse s’est arrêtée très tôt. Je l’avais annoncé parce que « si je fais une fausse couche, je ne voudrais pas la vivre seule » et c’était vrai, je ne voulais pas la traverser seule. Je ne voulais pas la traverser du tout (Merci ma team). Quelques jours après, je photographiais des bébés qui étaient nés le jour où je perdais le mien. Et quelques mois plus t**d, je photographiais des bébés qui étaient nés quand il aurait dû naître. La vie reprend toujours ses droits et c’est bien ainsi.
Il y a un an, j’ai entendu des « tu en auras d’autres des bébés, ne t’en fais pas » mais j’en étais pas là. J’ai entendu des « il y a sûrement une bonne raison à tout ça », j’en étais pas là. J’ai entendu « tu as qu’à lui donner un prénom pour toi », j’en étais pas là non plus.
Il y a un an, j’ai perdu un bébé devant mon premier bébé. On m’a dit « tu oublieras ». Je n’ai pas oublié et je ne veux pas oublier. J’écris ici pour laisser une trace, pour dire que dans mon cœur de maman et au creux de mon ventre, il a existé. J’écris ici pour dire « vous n’êtes pas seule et vous n’êtes pas moins maman ».
J’écris ici parce que ce sujet ne devrait pas être tabou mais depuis que je l’ai vécu, j’ai découvert de nombreuses femmes autour de moi qui l’ont vécu aussi. Beaucoup le vivent en silence.
Depuis, je mesure ma chance d’avoir déjà une petite fille merveilleuse. Et j’enregistre encore plus les détails. Les détails qu’on oublie parce que la vie avance, trop vite. Et je pense très fort, souvent, à celles qui n’ont pas ma chance d’avoir déjà une petite main à tenir et à bercer.