Conçue par les anthropologues Dionigi Albera et Manoël Pénicaud (CNRS), l'exposition itinérante "Lieux saints Partagés" ("Shared Sacred Sites") a été présentée au :
- MUSÉE DES CIVILISATIONS DE L'EUROPE ET DE LA MÉDITERRANÉE (Mucem) à Marseille du 29 avril au 31 août 2015 : http://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-forts/lieux-saints-partages
- MUSÉE DU BARDO à Tunis du 19 novembre 201
6 au 12 février 2017, en partenariat avec le Mucem
- THESSALONIKI MUSEUM OF PHOTOGRAPHY et au MUSÉE MACÉDONIEN D’ART CONTEMPORAIN à Thessalonique du 23 septembre au 31 décembre 2017 (« Shared Sacred Sites » en anglais, «Κοινοί Ιεροί Τόποι» en grec): http://www.thmphoto.gr/?p=6721&lang=EN
- MUSÉE NATIONAL DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION (MNHI) à Paris du 24 octobre 2017 au 21 janvier 2018 : http://www.histoire-immigration.fr/lieux-saints-partages
- De nouvelles étapes sont en préparation (Marrakech, New-York, Istanbul...). Chaque version est le fruit d'une réécriture et d'une collaboration avec une nouvelle équipe collective de commissariat (Isabelle Marquette, Nejib Ben Lazreg, Karen Barkey, Isabelle Magnan, etc.)
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UN LIEU SAINT PEUT-IL ÊTRE PARTAGÉ PAR PLUSIEURS RELIGIONS ?
À première vue, cela semble impossible dans un univers monothéiste, marqué par la soumission exclusive à un dieu unique. Pourtant la fréquentation des mêmes sanctuaires par des fidèles de religions différentes est chose courante en Méditerranée. Hier comme aujourd’hui, de nombreux croyants – juifs, chrétiens ou musulmans – n’hésitent pas à aller prier dans le lieu saint d’une autre religion. Peu éclatantes et souvent silencieuses, ces circulations interreligieuses représentent une constante derrière le tumulte des croisades et des guerres de religion. Malgré les écarts théologiques, les trois religions du Livre possèdent de nombreux éléments communs : croyances, rites, personnages et lieux saints. Ces croisements ne sont toutefois pas exempts d’ambiguïtés et peuvent devenir conflictuels. La Méditerranée offre ainsi plusieurs cas de partage mais aussi de partition et de division. L’exposition s’appuie sur des recherches anthropologiques qui ont donné lieu à des "enquêtes-collectes" pour témoigner de l’actualité de ces pratiques à travers objets, photographies et films. Outre ces éléments, le parcours présente des sculptures, des tableaux, des installations d’art contemporain, des calligraphies, des miniatures, etc. At first sight, this would seem impossible in a monotheistic world characterised by total submission to a single god. And yet in the Mediterranean world it is commonplace for followers of different religions to frequent the same shrines. In the past, and even today, numerous believers –Jews, Christians and Muslims– have prayed in the holy places of another religion. Inconspicuous and often silent, this coming and going between faiths was a permanent feature during the turmoil of the Crusades and the wars of religion. Despite theological differences, the three religions of the Book share a number of elements in terms of beliefs, rites, figures and holy places. These crossovers, however, are not devoid of ambiguity and can lead to conflict. The Mediterranean world thus offers many examples of sharing, but also of partition and division. This exhibition draws on anthropological research based on fieldwork, recording through objects, photographs and videos the form these practices take today. The exhibition is arranged so as to form a tour of shrines dedicated to prophets and patriarchs, as well as to Mary and certain saints. This contemporary ‘ pilgrimage ’ is dotted with portraits of witnesses and intermediaries between faiths.